EDITO
Après avoir rendu hommage à nos pompiers, nous voilà de retour dans nos quartiers. Cette fois, faisons une petite promenade sur l’avenue du Vercors, depuis les rues Doyen Gosse et Gabriel Péri, jusqu’à la rue de Henri Barbusse, appelée Saveuil jadis. Ce petit bout d’avenue est toujours autant commerçante. Rappelons nous qu’elle a été, dans les années d’après-guerre, le centre administratif de la commune. En effet, la population était concentrée près du Drac, entre les deux ponts. Ce qui a nécessité le transfert de certains services de la Mairie, dans le « Bureau Municipal ». L’église a suivi le même chemin. Elle se tenait à l’endroit de la salle Jean Jaurès d’aujourd’hui. Et avec la proximité des écoles Jules Ferry (les Marronniers) et du Pont-du-Drac, les conditions étaient réunies pour que ce quartier vive comme un vrai village : le Maire, le curé et l’instituteur !...
Toute la famille Chardon, qui résidait dans la grosse villa rue de Saveuil, a fréquenté l’école du Pont, depuis la création de l’école jusque dans les années 50. Nous vous présentons donc leur saga, via diverses photos de classe.
Bonne lecture.
Le comité de rédaction
APPEL
L'association l'Ombre de l'Histoire, recherche des documents (journaux personnels, carnets de route, livrets militaires, courriers, cartes postales, photographies, etc...) concernant les soldats de notre commune qui figurent sur le monument aux morts de 1914-1918.
Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir contacter M. Bernard Perrin, le président de cette association par courrier au 22, résidence Préverger 38570 LA PIERRE, ou par courriel à ombrehistoire@aol.com
SOLDATS MORTS POUR LA FRANCE
MONUMENT AUX MORTS DE FONTAINE
ACHARD LOMBARD Louis
BARRET Casimir Andéol
BAYLE Ferdinand Joseph
BELLIN Georges Marius
BELLON Antoine Joseph
BILLON-BRUYAT Pierre Hippolyte
BONNET BALLON Abel Vincent
BUISSON Charles Edouard Alexandre
BUISSON Jules Louis
CHAPEL Gaston Emile
CHATAIN Léon
CHATAIN BERTIN Léopold
CHEVALLET Louis
COLOMB Frédéric Auguste
COUTON Jules
CRESP Jean
DAMOUR Charles Samuel
DUC Pierre
DUFOUR Louis Valentin Léon
EVEQUE Gabriel Léopold
EYNARD Dominique Marcel
FIO-BELLOTTI Louis Dominique
FOREL Auguste Joseph
FRACY Marius Joseph
FREYCHET Henri Jules
GAILLARD Félix Joseph
GALVIN Jacques Alexandre
GENEST Léon Louis Ferdinand
GLODAS Marius François Rémy
GONTIER Paul Auguste
GRAND Marius Séraphin
GRANGER Jean
GROS Jean Baptiste Marius
JALLAS Victor
JALLAT Ernest Lucien
JANNON Marcel Hippolyte
LABERGERIE Jules
LANCELON Jean Joseph
LAURENT Jules Philippe Joseph
LIBOA Antony Daniel
LOMELLINI Napoleon Humbert
LORENZO Xavier
MAGNOLON Lucien Jean
MARTIN Léon Marius
MARTIN Alfred Paul
MARTIN Pierre Henri Antoine
MEINIER Marius Antoine
MICHEL Eugène Pierre
MICHEL Augustin Paul
MILLAT Eugène Raoul
MIRIBEL Jean Joseph
MOREL Camille
ODEMARD Auguste
OSSOLA Adolphe Auguste
PERRIN Joseph Séraphin
PERRIN Alphonse Joseph
PERRIN Emile Joseph
PHILIPPON Pierre Ambroise
PONCET Charles
REY Adolphe Ferdinand
REY Joanny Charles
REY Pierre Henri
REY-MOTTET Marius
RIGODIN Louis Hippolyte Marc
ROGNIN Eugène
ROSSET Aimé Gabriel Pierre
ROUDET Gustave Germain
ROUSSET Charles Léon
SAUZIERE Fernand Joseph
SIBILLAT Emmanuel Jules
SOULLIER Joseph
STAIEB Albert
VEROLLET Auguste Henri
- Mémoires - Avec le soutien de la Ville de Fontaine, du Conseil Général de l'Isère, de la Metro et l’ACSE.
17, rue Jean Bocq - 38600 Fontaine
Tél. : 04 76 53 22 16
E-mail : memoire.present@club-internet.fr
www.e-memoires.org
Horaires d'ouverture :
Mardi : 14 H 30 - 17 H 30
vendredi : 14 H - 16 H 30
Ont contribué à ce numéro:
Ont participé à ce numéro :
Denis Guignier, Suzon Jadeau, Epifanio (Pif) Carvello, Hanane Bilouk, Isabelle Fonné, Albert Potton, Ambroise Di Dio, Bernard Perrin, Guy Hugon, Roger Pedrotti, Jacques Maisonnat, Vincent Lafranceschina, Marcel Hermitte et Michel Chardon.
- Maquette du journal : Valérie Le Garroy.
- Imprimerie des Eaux-Claires.
ISSN : 1957-2247

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Poisson d’avril ?
Les journaux du 8-8-1888 nous proclament :
« On se plaignait depuis longtemps de la rareté du poissons dans nos cours d’eau.
Voilà qu’un de nos concitoyens monsieur Godel a l’excellente idée de créer un établissement de pisciculture aux portes de Grenoble dans la charmante localité de Fontaine à quelques mètres du nouveau Pont du Drac.
L’idée nous parait excellente. C’est une création qui profitera à tout le monde, permettant à une diminution du prix du poisson et d’aider au repeuplement de nos cours d’eau. Les plans sont prêts et bientôt commenceront les travaux.
Nous faisons des vœux pour sa complète réussite. »
Finalement l’établissement de pisciculture ne verra le jour qu’en 1908… à Grenoble dans des bâtiments où il y a encore des moulures et des fresques à la gloire du poisson, à côté de l’école Cornélie Gémond (lire quelque part dans le Mémoires n°22) et de l’ancien atelier des arts architecturaux de Victor Sappey puis d’Aimé Irvoy, (lire dans le Mémoires n°11,) aujourd’hui le musée de la Résistance…
Denis Guignier

« Saga du poisson, ambiance de la brousse, Saga du poisson, attention les secousses ! »

Mais où est passé l’établissement de pisciculture de Fontaine ?
Le Pont-du-Drac, de mes jeunes années...
Une petite visite guidée de Fontaine du temps jadis, du temps où j’avais dix ans...
Le centre ville de l’époque, de mon point de vue, se tient à l’intersection de l’avenue du Vercors et de la rue Jean Jaurès. (ex Général de Gaulle, débaptisée et rebaptisée en 48 ou 49 ?)
A ce carrefour, le bureau municipal, disparu depuis, est la véritable mairie. On y trouve le service des eaux, l’état civil... C’est le « Municipio » disent nos parents... Juste à côté, en descendant, le café « Buffet », superbe établissement avec baby-foot, billard. De magnifiques jeux de boules longent la rue de Saveuil, (Henri Barbusse, maintenant).
Buvard publicitaire, une aubaine pour les collectionneurs.
C’est la station de car pour le Vercors, les cars Huillier.
On voit partir les randonneurs équipés de leurs sacs tyroliens, chaussures et bâtons de marche...
Ce café deviendra le premier PMU de Fontaine... Tous les dimanches matins, c’est comble...
En face, le café « Diamant », avec sa terrasse ombragée. Il s’appelle café de la station... En souvenir du terminus de l’ancien tram, et du trolleybus qui l’a remplacé... C’est le « Saveuil » à présent...
Face au bureau municipal, tous les commerces... Une aubaine pour les collectionneurs de buvard. Une mode qui déferle sur nous en ce moment... Ou les ventes de timbres de l’école, « la jeunesse au plein air »...
Le bureau de tabac, nos premières cigarettes, les P4, un mauvais tabac (existe-t-il un bon tabac ?) conditionné par quatre, et donc à portée de notre maigre argent de poche et facilement camouflables dans nos vêtements... On s’y approvisionne en revues : Nous-deux, Intimité, Confidences, pour nos femmes...
Détective, Miroir-Sprint, pour nos hommes... toute une armada de bandes dessinées pour nous : Big-Bill le Casseur, Youpee, Fantax... Pecos-Bill et autre Kit Carson ou Tom X .
Je me souviens aussi de deux petites revues que la cousine Rosette lisait : « Petits moineaux » une sombre et triste histoire d’orphelins pendant la guerre, et « Sciuscia », un jeune cireur de bottes italien. Pareil, se débattant lui aussi, contre les Allemands... Qu’est-ce qu’on a pu pleurer avec ces deux-là ! ...
Les plus aisés lisent Spirou... les premiers Tintin et Milou... Les moins riches se contenteront de Vaillant...
Monsieur Diamant avec des amis - Au centre Monsieur Cahuzac, directeur de l’école de musique.
Le boucher Gayetti Marcel, le roi de la galéjade et de la sympathie... Un commerçant chez qui on a envie d’acheter, lui, s’occupe de servir, sa femme, du tiroir-caisse... Question d’hygiène ? Sûrement... On lui achète la viande « rachée », dixit maman, ou autres bistecks ou sgalopes, la tripe, la fricassée...
L’épicerie Jorioz... Le premier à livrer à domicile... On lui laisse sa liste, et il livre au début de chaque mois, en même temps que la paie, les commissions du mois : savon, produits de droguerie, sucre, huile, pâtes, bien sûr, et par kilos ! Café, en grains, on a chacun son moulin mécanique, avec tiroir...
Pommes de terre, faut bien en manger un peu... Maman les cuisine à la mode sicilienne : friutti, avec de l’oignon, c’est délicieux, ou asasonatti, cuites dans la sauce tomate, Mmm ! ...
Faut pas oublier le vin : douze bouteilles avec leurs capsules brillante...
A la suite, l’hôtel « Bon Gosse », Le “ Pont-Neuf ”, quoi... dont le bar a été, à une certaine période, le point de rencontre des travailleurs siciliens... On y joue à la scoupa, on y chante, on y boit, et encore, et encore...
Pas loin de là, habite mademoiselle Viallet (madame Guesdon par la suite), seule et unique sage-femme-infirmière à domicile. Elle a aidé maman pour la naissance de Mickey en 49, à ses débuts, je pense...
A cette époque, il me semble, rares sont les femmes qui acceptent de se faire accoucher par des hommes...
A part, peut-être, les riches, ou aisées pour le moins... C’est encore elle qui est là, pour les naissances de mes trois enfants, trente ans plus tard... La maison qu’elle partage avec la famille Saulnier a été démolie, et a laissé place au petit parking...
Monsieur et Madame Gayetti
Et nous voici au « Terminus »... Pas de mon histoire, non... C’est le nom d’un superbe café, avec jeux de boules ombragés, et sa terrasse bordée de jardinières de troènes... Jardinières recouvertes de mosaïque naïve, un chat noir assis sur l’une, un litre, deux verres, trois boules sur l’autre... Il n’y a pas à dire, c’est recherché... Tiens, au moment où j’écris, il vient d’être démoli, (lui aussi)... Heureusement, ils ont décidé de garder la Mosaïque...
A l’angle de la rue Gabriel Péri, la rue de l’école, se tient la boulangerie Falque, notre boulangerie. Et la mienne encore aujourd’hui... J’y suis resté fidèle... Trois générations de boulanger consommées, si je peux dire ! Le père Falque, homme bourru digne du boulanger de Pagnol, Max Brudhon qui l’a remplacé, et Barrois, l’actuel... Mince, alors... A l’instant où je le raconte, il vient de subir un accident, heureusement plus spectaculaire que grave : le four a explosé, un matin juste avant l’ouverture, soufflant la vitrine... Le boulanger l’a échappé belle ! Il a fait preuve d’un grand sang-froid et a maîtrisé l’incendie avant l’intervention des pompiers... Revenons au pain pour vanter et louer son goût ! Super, un pain cuit avec amour, excellent, une mie aérée et légère... On le consommerait par gourmandise, pareil à du gâteau ! La qualité, donc, n’a pratiquement pas changé, quant à la quantité..
Du temps d’avant, du temps du père Falque, c’était par brassée qu’on en prenait. Pour nourrir notre nombreuse famille. Maintenant, une couronne tous les deux jours suffit.
Tout contre la boulangerie, la boucherie Buisson... Il est déjà âgé, près de la retraite... Il va devoir céder son étal à Esch. Un peu plus haut, la droguerie Boureille, la, ou une des plus importantes de Fontaine, avec ses bonbonnes de liquides mystérieux, de toutes les couleurs... Ses senteurs enivrantes de savons, de lessives, ses odeurs de peintures, de Javel, de pétrole au détail... Ses arômes de cire, de cirage...
En face, le Casino (la laverie automatique, à présent) jouxte l’Etoile des Alpes, première supérette si on peut dire... C’est drôle, deux établissements côte à côte et qui « marchent » aussi bien l’un et l’autre...

Monsieur Falque, le boulanger aux alentours de 1930
Nous serons plutôt clients de l’Étoile, les produits Casino sont meilleurs mais plus chers...
Sur le même trottoir, le coiffeur Kesténés, notre coiffeur et aussi le premier et seul coiffeur pour dames...
Une autre boulangerie, chez Finet... Je ne sais pas pourquoi, il me semble que c’est la boulangerie des Français, celle-là...
Tout au bout, en remontant, on arrive au pont du Vercors qui enjambe le Drac et qui nous conduit à Grenoble par la rue Ampère....
Pif Carvello


Le bureau municipal dans les années 60, immeubles et commerces ont pris sa place.


Passage du tram à Saveuil en 1914 et aujourd’hui, vue en direction de Sassenage.


Saveuil vers 1910 et aujourd’hui, direction Grenoble.

Une photo de l’école du Pont du Drac…de 1884

Trois générations à travers des photos de classe.Monsieur Michel Chardon nous a apporté une des plus vieilles photos de classe du monde. Cette photo venue de la nuit des temps date de 1884, l’année de la construction de l’école du Pont du Drac.
Sa grand-mère Eugénie Remavant-Massot née le 13 septembre 1874, chemin des Iles à Fontaine y figure.
Songez : Victor Hugo était encore de ce monde, la tour Eiffel n’était pas réalisée. Le vaccin contre la rage n’existait pas. Monsieur Mariac n’était pas encore l’instituteur de cette école.
Denis Guignier

Toutes les autres photos ont été aussi prises à l’école du Pont du Drac - 1910-1911, Marius le papa de Michel, né en 1903.

1911-1912 : avec les filles de madame Garanjou.
Question à quarante mille balles ! Où se trouve la tante de monsieur Chardon ? Même lui n’a pas su répondre.

1913-1914, avec Marius Chardon le papa. Le directeur s’appelait monsieur Roux.

1942 1943 - Michel.

1943 1944, Michel.

1944-45 dite l’année de la libération, Michel.

École du Pont du Drac en 1884 et aujourd’hui

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