EDITO

Nous allons honorer par ce numéro les pompiers de la commune. Saluons comme il se doit le courage de ces femmes et de ces hommes qui se dévouent pour le bien des autres. Nous avons donné la parole à quelques uns d’entre eux. Ils livrent leur témoignage avec pudeur et en toute modestie. Que de chemin parcouru depuis leur création. Qui d’entre nous n’a pas eu à faire à eux… Du petit feu de cheminée, en passant par les nids de guêpe, de l’accident de la circulation aux inondations, de la réparation des toitures aux fuites de gaz… Sans compter les interventions dramatiques en urgence, épaulant les services de santé et de police, les précédant souvent…
Leur métier a évolué, c’est normal et heureusement. Ils gardent dans nos cœurs une place particulière. Peut-être parce qu’au fond de chacun de nous, nos rêves d’enfant sont toujours vivants… Camion rouge et pimpon…
Mettons les pompiers à l’honneur dans ce numéro, une façon à nous de les remercier.

Comité de rédaction


Un appel géant
Ceux qui ne sont pas nés de la dernière pluie ont forcément connu les jeux de 20 heures à la télé.
L’animateur Jean-Pierre Descombes parcourt de 1976 à 1986 les villes et villages de France avec l’équipe de FR3 du coin. L’autre animateur Maurice Favières reste à Paris avec des invités vedettes et Maître Capello en arbitrage.
Les comédiens jouent avec les gens qui gagnent facilement 50 francs ou se ridiculisent devant des millions de téléspectateurs, vu le niveau primaire des questions. Cela se termine en chanson.
Les 2, 3 et 4 février 1981, les jeux de 20 heures sont venus à Fontaine.

Les sergents Solazzo et Lapaglia dans la nacelle de l'échelle de 55 mètres lors du congrès de pompiers italiens.

Les invités vedettes sont Sim, parrain de nos majorettes (lire le Mémoires n°12), Patrick Topaloff (qui chantera avec Sim une parodie de John Travolta et Olivia Newton-Jones « Ou est ma chemise grise »), Anne Lefébure, Serge Llado, Jacques Maillot, Francis Lax, Micheline Dax, Jean Bertho, Sophie Agazinski (belle-sœur de Lionel Jospin) et Maurice Biraud.
Les chanteurs sont un groupe de jeunes fontainois, Incidence, jouant un instrumental, Ringo, l’ex mari de Sheila chantant « Un homme ça ne pleure pas », le lendemain, Michèle Gallino « Grenoble aquarelle », Richard Cocciante « Au clair de tes silences », et le mercredi 3 février Michel Diblio (Mémoires n°20 lui a consacré un article) « Les oubliés de noël » et New-paradise un trio de nanas habillées sexy « I love vidéo ».
Jean-Pierre Descombes ne peut que remarquer le pompier de service : Carmelo Solazzo vu qu’il dépasse tout le monde de plus d’une tête. Descombes lui demande s’il veut venir présenter son émission avec lui.

La foule s’esclaffe des plaisanteries de Carmelo Solazzo et de Jean-Pierre Descombes.
Descombes a sorti son livre de souvenirs en 2006 avec une autre photo de Carmelo et de lui-même, main dans la main.
Si vous aussi, vous avez des photos prises pendant ces jeux, merci de venir nous les apporter au journal Mémoires.
Merci à Jean Escalon de nous avoir apporté cette photo

Après avoir plaisanté sur leurs tailles respectives, Solazzo lance un appel à la population les encourageant à s’engager chez les pompiers.
Dans toutes les casernes de France, le lendemain c’est par milliers que des jeunes vont s’enrôler chez les Soldats du feu.
Carmelo Solazzo est aujourd’hui disparu. Mais il a donné naissance à des myriades de pompiers.

Denis Guignier.


Historique des sapeurs-pompiers de Fontaine

Les vœux de la création d’une compagnie à Fontaine apparaissent en 1853 sous l’administration de Mr Muret maire.

1885
Une souscription publique fut mise en place pour l’acquisition d’une pompe à incendie. Mais le manque d’argent fit qu’elle n’obtint pas le résultat escompté.

1899
Mr Bertoin Maire proposait au Conseil Municipal l’acquisition de deux pompes à incendie à bras ayant appartenu aux pompiers volontaire de Grenoble.

1901
Le 7 Janvier ce même Conseil Municipal décide la construction de deux remises pour les pompiers et le matériel.

1904
Le 14 février dans les lieux ordinaires de ces séances, après convocations individuelles et autorisation du Maire Mr Bertoin, l était donné lecture de l’autorisation de l’Administration Préfectorale, la création d’une compagnie de Sapeurs Pompiers de 35 membres.

Furent nommés
Officier :
Lieutenant Monsieur Croix Augustin.

Sous Lieutenant :
Monsieur Pariat Paul.

Sous Officier :
Sergents Monsieur Brun Jules.

Monsieur Perrin Jean.
Monsieur Freychet Henry

Caporaux
Monsieur Guichard
Monsieur Penet
Monsieur Sonel
Monsieur Gagnieres

Deux sections sont équipées chacune de sa pompe à bras
La 1ere section était rue François Janolin
La 2 ème section était au Village « La Poya », (pour anecdote dans le même local il y avait le corbillard).

Il fut mis en place 5 clairons pour donner l’alerte dans les quartiers Pont du Drac, Village et Iles.

1905
A l’occasion des fêtes de la compagnie un défilé fut organisé dans la commune pour présenter le personnel et son matériel aux habitants de la commune.

1909
A cette époque il parait que l’on ne riait pas avec le règlement. Un Sapeur qui n’avait pas payé ses cotisations ou qui les réglait en retard risquait d’être exclu de la compagnie.

1914
De nombreux sapeurs furent mobilisés. Le commandement fut assuré par le Lieutenant Pariat et le Sous Lieutenant Brun.

1922
La compagnie reçoit sa première motopompe qui subit son baptême du feu sur le sinistre de la mégisserie Guillaumet Rue de la Liberté.

1931
Le 10 octobre fut élu chef de la Compagnie le Lieutenant Rigaudin et son adjoint le Sous Lieutenant Bigillon Jules, par la majorité de l’assemblée des Sapeurs en présence du Maire Mr Ponson.

1932
Le 20 avril lors d’une réunion, le conseil municipal autorisa la compagnie à passer de 35 à 60 membres et à l’achat d’une échelle à coulisse.

Elle demande de prévoir un local pour le matériel sous l’école des Balmes qui sera ouverte en 1936.

1937
Le 29 octobre la Compagnie demandait à la Municipalité en assemblée extraordinaire l’achat d’une autopompe pour défendre les 7700 âmes. Celle-ci arrivera en 1965.

1946
Février de cette année voit l’arrivée d’une nouvelle motopompe pour remplacer celle de 1922.

1949
Le 24 Septembre la compagnie eut le renfort des Sapeurs de Sassenage pour un incendie qui ravageait les bois communaux de Charvet.

1951
Monsieur Pinel Maire de Fontaine nommait le sergent Bertholoz chef de corps en remplacement du Lieutenant Rigaudi ayant atteint l’âge de la retraite. Le sergent Bertholoz fut nommé Lieutenant.

1952
La section gymnique est reformée avec un nouveau moniteur.

1953
La compagnie se voit remettre son premier drapeau le 19 Septembre.

1959
Journée noire pour Fontaine un violent incendie ravage l’usine Guillaumet Avenue Jean Jaures. Qui fit 3 morts (3 ouvrières).

1966
Le 4 Janvier la compagnie de Fontaine est mise en alerte pour remplacer les Grenoblois partis sur la catastrophe de Feyzin et répondent aux appels sur le 18 en prenant les départs feux.

Le 9 décembre intervention sur un incendie à Noyarey suite à un grave accident mettant en cause 3 véhicules dont un camion citerne un second transportant des volailles et une voiture. Le goudron de la route fond et brûle

1978
Le Lieutenant Bertholoz atteint par la limite d’âge est remplacé par l’adjudant Poncet au commandement du corps.

1980
En mars l’adjudant Poncet est nommé Sous-Lieutenant.
En août une partie de la compagnie part avec d’autres casernes de l’agglomération pour des incendies dans le midi.

1986
Nous emménageons dans la nouvelle caserne rue Paul Eluard.

1989
Du 1 au 4 août le CCFM (Camion Citerne Feux de forêt Moyen) avec son chauffeur partent en renfort pour le Var, le 4 au 6 août pour l’Ardèche, le 19 au 23 août à Susville et le 28 août au 2 septembre dans le Gard et les Bouche du Rhône

Historique recueilli sur les cahiers d’or des sapeurs pompiers


Quelques extraits du cahier de rapport des pompiers
Le texte a été respecté fidèlement avec les fautes d’orthographe de l’époque.

Incendie Séverin
An mil neuf cent neuf et le huit du mois de Mai à une heure et demie du matin les clairons sonnaient au feu.
Le rassemblement s’effectuait aussitôt à chaque local pour se diriger sur les lieux du sinistre chez Monsieur Marc Séverin au vieux Pont du Drac.
Grâce au dévouement de tous les Sapeurs à trois heures le feu était circonscrit et les vastes entrepôts de la partie ouest fut seule atteinte et quelques minutes plus tard on aurait eu à déplorer de grandes pertes.
Pas d’accident à signaler.
Un incident seul à marquer cet incendie un officier militaire qui allait en manœuvre à refusé de prêter son concours qui est prescrit en semblable circonstance par les règlements militaires d’après une lettre du Général Commandant la place.
A cinq heures rassemblement de la Compagnie appel et dislocation.
Le matériel est reconnu par les concierges.
La pompe de Fontaine 2éme section (village) est rentrée à son local.
Celle du Pont 1ére section reste sur les lieux de l’incendie pour noyer les décombres. Il est nommé un piquet par le Lieutenant.
Le clairon Espinasse qui le premier à donné l’alerte.
Le Sapeur DAMPNE Henri
Le Sapeur MARIAC Louis
Tous trois faisant partie de la 1ére Section (Pont) lieu de l’incendie.
Rapport d’intervention

Incendie DUFOUR (1911)
L’an mil neuf cent onze et le dix huit du mois de Janvier à une heure du matin le clairon PUISSANT Joseph sonnait au feu.
Le rassemblement s’effectuait aussitôt à chaque local pour se diriger sur les lieux du sinistre chez Monsieur DUFOUR Antoine aux îles de FONTAINE Mas de l’Argentière.
Grâce au dévouement de tous les Pompiers on n’a pas pu être maître du feu toute l’habitation de monsieur DUFOUR et de ce quelle contenait à été la proie des flammes.
On n’a pu néanmoins préserver l’habitation de Monsieur ROSTAING Jules voisin de Monsieur DUFOUR.
La pompe de Sassenage arriver sur les lieux, sur la conduite du Capitaine HOURSEAU n’eu pas à fonctionner.
Pas d’accident à signaler sauf que tous les tuyaux de la pompe de Fontaine (village) furent percés par les méfaits du gel.
La pompe du Pont 1ére section n’eut pas à fonctionner est rentré à son local.
Celle de Fontaine reste sur les lieux pour noyer les décombres.
Il fut nommé un piquet par le Lieutenant.
Le clairon PUISSANT Joseph le premier qui a donné l’alarme, le sergent BRUN Jules, le Sapeur PEYRARD Jean. Tous trois faisant partie de la 2éme section qui sont restés le lendemain toute la journée sur les lieux du sinistre.
La pompe détériorée est ramenée dans son local par les soins du Sergent BRUN Jules de la 2éme section ensuite mise en réparation.
Fait à Fontaine le dix huit Janvier mil neuf cent onze.
Rapport d’intervention

Incendie de la Mégisserie Paul Allemand
Du 10 Octobre 1943
Le dix Octobre 1943 à 21 heures un incendie du à la malveillance éclata à la mégisserie Allemand Paul rue de la Tannerie.
Les Pompiers de Grenoble mandés par téléphone se trouvaient sur les lieux lors de l’arrivée de la Compagnie, la part du feu fut rapidement faite la pompe de Grenoble était branchée rue de la Tannerie (actuellement rue d’Alpignano) face au bâtiment sinistré, celle de Fontaine rue de la Sone (rue Jean Bocq à présent), d’où elle attaquait le foyer à revers.
A minuit les Pompiers de Grenoble regagnèrent leur casernement, nous laissant seul sur les lieux, toute la nuit ainsi que toute la journée du lendemain 11 qui était un Dimanche la compagnie lutta contre l’immense foyer.
Le feu s’était déclaré dans un séchoir d’écorces de chênes, et il fallut noyer ce foyer pendant des heures pour en avoir raison.
Aucun accident à signaler.
Rapport recopié avec l’ancien nom des rues

Incendie de la Menuiserie Viallet Du 11 Octobre 1943

Le onze octobre 1943 à 5 heures du matin un incendie d’une rare violence éclatait à la Menuiserie Viallet rue des Iles vers la place du Néron.
Les Pompiers de Grenoble alerté par téléphone se rendent rapidement sur les lieux et combattirent le sinistre avec ardeur, la motopompe de la compagnie étant encore immobilisée à l’incendie de la Mégisserie Allemand, le reste de la compagnie convoqué en toute hâte du se servir du matériel de Grenoble qui le laissa d’ailleurs à disposition de la compagnie le reste de la journée.
Vers les 16 heures tout danger étant écarté et le sinistre définitivement maîtrisé, les Pompiers de Grenoble reprirent possession de leur matériel et la compagnie rompait les rangs.
Aucun accident ni incident à signaler.

Rapports d’intervention

La presse de l’époque parlait d’attentat « terroriste ». En fait, c’était l’action de résistants contre des industriels collaborateurs. Un mois après, ce sont les représailles connues sous le nom de la Saint-Barthélémy grenobloise, les nazis massacrent un très grand nombre de responsables de la Résistance locale.


Au feu ! ...
Ce soir, je vous mets le feu... Tant pis si je fais des gorges chaudes, je vais vous parler du feu de l’amour...
L’histoire de Marcel et de Fanny *
Lui, tout feu, tout flamme, dans son costume flambant neuf, l’œil de braise, brûle d’amour pour elle... Il va lui déclarer sa flamme...
A brûle pourpoint, il lui dit le feu qui couve en lui. Dès qu’il capte l’étincelle de son regard brillant de mille feux, son œil étincelle et atteint celle-ci !... C’est le coup de foudre. Son cœur s’embrase. Il a envie de l’embrasser... Néanmoins, il ne veut pas brûler les étapes,il se brûlerait les ailes...
Il lui a brûlé la politesse... Elle se consumait de l’intérieur, (sans modération) d’un amour ardent, qui lui mettait le feu aux joues, au front, au... au... partout, quoi !... l’envie de le lui dire lui brûlait les lèvres. Elle n’osait pas ; trop peur de passer pour une allumeuse !...
Du coup, c’est lui qui va tirer les marrons du feu...
Cette déclaration a mis le feu aux poudres...
Leurs cœurs se sont embrasés, faisant feu de tout bois, un véritable feu d’artifice !... Les feux de l’amour ! la guerre du feu (faîtes l’amour, pas la guerre) un incendie, qui fait long feu... va falloir appeler les pompiers, si ça continue... A quand l’extinction des feux ?...
Si vous acceptez un conseil, comme ça, à chaud, ne brûlez pas toutes vos cartouches. Faut pas jouer avec les allumettes...
Je ne viens pas jeter de l’huile sur le feu, ni jouer les pompiers de service. Je connais des amours brûlantes qui se sont éteintes en moins de deux... Ils n’y ont vu que du feu... Un beau jour, on s’aperçoit que le torchon brûle. L’amour descend en flammes. Il part en fumée. Il n’y a pas de fumée sans feu, pas vrai ?
Après, il faut attendre le retour de flammes, ranimer la flamme, souffler sur les braises, reprendre le flambeau... Enfiler le bleu de chauffe... faire brûler un cierge, dans une chapelle ardente...

* Je vous dois une explication quant au choix des prénoms :
Marcel, parce que  « Chauffe Marcel »
Fanny, parce que Fanny Ardent !...

Pif Carvello


- Mémoires - Avec le soutien de la Ville de Fontaine, du Conseil Général de l'Isère, de l'Etat (D.D.E), du Feder-Pic-Urban, de la Metro, du Fasild, de la région Rhône-Alpes.

50, avenue Aristide Briand - 38600 Fontaine et 17, rue Jean Bocq - 38600 Fontaine
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Mardi : 14 H 30 - 17 H 30
Mercredi : 17H - 19 H
Vendredi : 9H - 12 H
et sur rendez-vous

Ont contribué à ce numéro:

Ont contribué à ce numéro :
Denis Guignier, Suzon Jadeau, Epifanio (Pif) Carvello, Hanane Bilouk, Isabelle Fonné, Albert Potton, Roger Pedrotti, Jacques Maisonnat, Ambroise Di Dio, Jean Mariac, Vincent Lafranceschina, Jean Escalon, Marcel Hermitte, Geoeges Rey, Rene Perrin et Yves Poncet lieutenant chef de corps à la retraite.

Maquette du journal : Valérie Le Garroy.
- Imprimerie des Eaux-Claires.


Sapeurs-pompiers en tenu de feu à la caserne rue Janolin (près de l’école Pont-du-Drac).
Avant Après

Avant : Ancienne caserne démolition de la tour de séchage vue de l'avenue Jean Jaures.

Après : Avenue Jean Jaures Bâtiment LE GERMINAL et la maison des sociétés 2006

Véhicule devant l'ancienne caserne Avenue Jean Jaures


Quelques années chez les Sapeurs Pompiers
Nous-nous sommes enrôlés dans la compagnie des Sapeurs pompiers volontaires de Fontaine en 1950. A cette époque on y rentrait pour rejoindre des copains, par camaraderie. On s’entraînait mutuellement. On rentrait aussi et surtout pour rendre service et porter secours aux autres. Ce n’était pas pour le prestige de l’uniforme car j’avais comme pantalon de service un pantalon de pâtissier fourni par la caserne. Nous n’avions même pas de chaussures. Le casque très large était celui de la sécurité civile. Auparavant c’était le casque militaire de 1914 avec l’écusson pompier rapporté dessus. Comparées à certaines compagnies nos tenues étaient succinctes.
Pendant la guerre, lors du bombardement de la gare de Pique-Pierre le 16 Août 1944 par l’aviation Anglo-Américaine, un détachement de notre compagnie intervint pour porter assistance aux victimes.
Le lendemain la mairie de Fontaine, comme d’autres communes, devait fournir un certain nombre de personnes pour participer au déblaiement, elle réquisitionna 4 civils, Mr Frassy se charge de les amener sur les lieux avec son camion.
Quelques pompiers avaient pendant la guerre des laissez passer pour pouvoir se déplacer à bicyclette pendant les alertes. A cette époque le Maire détachait des employés communaux pour tenir la permanence à la caserne pour cause de guerre.
Dans certaines communes il fallait être pompier avant de devenir employé communal.

Marius Bernard décoré par M Maisonnat maire de Fontaine, à gauche M Bertholoz.

Le plus dur fût les feux de broussailles. Il y eut un grand feu sur le plateau Charvet. Il fallait monter jusque sous les poteaux des lignes électriques Comme lors de feux dans les Vouillants où nous montions avec des sulfateuses remplies d’eau, ce n’était pas de tout repos.
Nous étions tous des volontaires. Le corps fonctionnait comme un bureau. Le chef de corps était élu par les Sapeurs pour ses connaissances et compétences à diriger un groupe. Une fois sa désignation faite elle était soumise au Maire qui donnait son avis en tant que patron de la commune. Pour les autres grades nous étions désignés par reconnaissance et connaissance du métier.
Le bal des Sapeurs Pompiers était très prisé par les jeunes gens. Ce bal rapportait beaucoup. Dans les années 50 le bal fut abandonné et remplacé par le calendrier. Le dernier bal eut lieu au Clos Imbert-Bouchard.
Nous organisions le banquet de la Sainte Barbe (notre Patronne). Au début nous payions une partie du repas qui ne se faisait qu’entre Sapeurs avec les anciens.
Plus tard les chefs de corps des alentours furent eux aussi invités, car à force de se retrouver sur certains gros sinistres on devenait copins. Quelque temps après les femmes furent invitées à leur tour le soir.
Du temps où la compagnie était commandée par le Lieutenant Pariat le numéro de téléphone le « 65 » de son usine servait également de N° pour les interventions. La sirène située dans l’emprise de sa marbrerie rue de la Liberté (actuellement) servait pour nous alerter. Finie l’alerte par clairon à la création du corps.
Plus tard, cette sirène sera abandonnée au profit de la sirène de la sécurité civile installée sur le toit de l’école des Balmes.
Il fallait alors quitter notre lieu de travail le plus rapidement possible afin de nous rendre au local situé sous l’école des Balmes rue Marguerite Tavel, où se trouvait notre équipement ainsi que la motopompe Nous étions sous les ordres du Lieutenant Rigaudin et du Sous-Lieutenant Bigillon. On attelait la motopompe à un camion de la commune que conduisait Alfred Bigillon ou au camion d’un transporteur. A défaut, elle était tractée à la force du jarret par les Sapeurs, car le corps ne disposait pas de véhicule, cela fut assez rare.
Le premier vrai véhicule du corps fut un DMA cédé par un fromager.

M Bertholoz Capitaine des pompiers décoré par Louis Maisonnat, maire de Fontaine.

Le lieutenant Bertholoz fut nommé chef de corps en 1951 par monsieur Pinel maire. C’était un homme intègre et rigoureux. Il travaillait pour l’armée en tant que magasinier responsable du matériel au parc d’artillerie au polygone de Grenoble, ce qui le favorisait pour les sorties. Pour lui c’était « service service ». Il ne plaisantait pas avec le règlement. Quand on faisait les manœuvres, il fallait filer droit.
Deux anecdotes concernant la sirène :
En 1976 lors d’une nuit très orageuse où nous avons dû intervenir environ 80 fois avec la totalité de nos engins. A force de la faire sonner et malgré le déluge, le moteur a pris feu. L’hélicoptère Alouette 2 de la sécurité civile vient l’enlever et en repose une plus puissante quelques jours plus tard.
Un jour les PTT avaient affecté par erreur le numéro technique de la sirène à un particulier et chaque fois qu’il décrochait son téléphone il enclenchait la sirène. Maintenant on ne l’entend plus car les pompiers de garde sont équipés de Bip.
Nous n’étions pas indemnisés pour les interventions. Quelques entreprises payaient les Sapeurs pompiers lors des sorties mais celles-ci étaient rares. Ce qui posait des problèmes car s’il y avait plusieurs interventions cela faisait un gros manque sur la paye. Les pompiers travaillant chez Dragon avaient la chance de ne rien perdre sur leur salaire.
Apres les interventions nous allions au bistrot où chacun payait son verre.
Pour le matériel c’est l’amicale qui a acheté le Dodge qui a fait le débarquement. La pompe de 60 mètres cube fut acquise grâce à une souscription faite dans la commune. Le camion fourgon pompe tonne fut fourni par le département ainsi que la jeep réformée. Le camion feu de forêt fut le premier véhicule acquis par la commune. Beaucoup de matériel était acheté grâce à la vente des calendriers.
Le véhicule qui avait été demandé en 1937 arriva le 14 juillet 1965. Ce fut grâce au Lieutenant Bertholoz et à un concours de circonstance. Le commandant Plantier du SDIS lui téléphona pour lui dire qu’il avait un fourgon pompe tonne que Grenoble n’avait pas le temps de venir chercher à la Préfecture et qu’il avait une heure pour le récupérer. Il partit rapidement du parc d’artillerie pour le ramener sur Fontaine. Il put le faire car il était marqué « Service Departemental D’incendie. »
Nous n’avions aucune aide pour l’entretien du matériel. Le lieutenant Bertheloz sortait des pièces pour réparer le Dodge ou la jeep. Il se débrouillait comme il pouvait pour que le corps fonctionne le mieux possible.
L’incendie le plus dramatique de Fontaine fut celui de l’établissement Guillaumet en 1959 ou 3 ouvrières perdirent la vie. Il y aurait pu y avoir plus de victimes sans l’intervention des 2 maçons de la ville qui se trouvaient à côté. En dressant une échelle pour desceller les barreaux, ils ont permis à quelques femmes de sortir. Les professeurs d’éducation physique Mrs Mottet et Calvete qui se trouvaient sur le terrain de basket maison des sociétés leur ont porté main forte. Ce fut un moment de solidarité avant l’intervention des pompiers de Grenoble, Voiron, Rives et Fontaine.

L’affiche du dernier bal des pompiers.
Qui peut nous renseigner : où se trouver le Clos Imbert-Bouchard ?

En 1962 on nota aussi le courage de 2 sapeurs pompiers dans les feux de forêt près de la Ciotat, Lucien Bonnet et Gérard Puissant. A bord d’une jeep ils traversèrent un mur de flammes pour aller secourir des collègues de Saint Martin d’Héres encerclés par les flammes puis ils repassèrent le mur. De retour le sapeur Bonnet s’aperçoit qu’il n’a plus de cils ni de sourcils : ceux-ci brûlés par les flammes.
Un autre gros incendie où nous sommes intervenus fut celui où un camion de volailles a pris feu entre Sassenage et Noyarey.
Ensuite ce fut ceux de Ventura, Tailleur, gymnase piscine du Domaine universitaire, du palais des sports, Lou, Sico.
Avant comme nous étions tous bénévoles le maire était maître chez lui. S’il voulait que sa caserne reste un petit corps ou un corps de 1ére intervention cela lui appartenait
Depuis 5-6 ans le centre est composé de pompiers professionnels et de volontaires. Cela a commencé par la départementalisation des véhicules puis du personnel et des casernes. Maintenant il n’y a plus de pompiers de Fontaine Sassenage. Ce sont des pompiers de l’Isère, commandés par le Capitaine Terras Fernand qui était un grand responsable des plongeurs pompiers de l’Isère. Ils sont rémunérés par le Conseil Général pour chaque intervention et prennent une garde, suivant un barème national
La première femme incorporée au corps fut Patricia Thierus le 1er octobre 1989.

Témoignage de Messieurs Georges Rey, René Perrin et Yves Poncet lieutenant chef de corps à la retraite, anciens Pompiers de Fontaine recueillis par Suzon Jadeau et Roger Pedrotti


CHAUD - CHAUD les 5 jours dans les Bouches-du-Rhône
Le 15 août n’est pas un jour férié pour tout le monde et surtout pas pour la famille des pompiers.
Ce jour de 15 août 1980, je suis de garde pour le week-end. Aux alentours de 5h00 (du matin), la sonnerie de mon bip me réveille et j’écoute le message suivant :
« Rendez-vous d’urgence au centre pour départ feu »

L’Appel de renforts.
Très rapidement rendu au centre de secours, j’apprends que nous, Fontainois, sommes sollicités pour faire partie de la colonne de l’Isère en “ renfort ”  dans le département des Bouches-du-Rhône. Colonne composée d’engins de Feux de Forêt (CCFM).
Il ne faut que quelques minutes pour que deux personnes m’accompagnent dans notre véhicule. Une heure nous est accordée pour préparer le véhicule, notre paquetage, nourriture comprise.
Rendez vous à 6h00 dans la cour de la caserne principale de Grenoble sur la commune de Seyssinet.
Nous retrouvons au fur et à mesure de leur arrivée, les autres engins des centres de Sassenage, avec l’adjudant Boccon-Gerin, de Saint Egrève, de Villard-Bonnot et bien sur celui de Grenoble. Une voiture de commandement avec l’officier commandant Didier à son bord.

La descente pour les « enfers »
La colonne constituée, direction pour Valence, puis Aubagne par l’autoroute A7.

Cuges-Les-Pins
Sitôt prêts, direction Cuges-les-Pins sur la nationale 8 par le col de Cuges.

Nous avons ordre d’arrêter le front de flammes qui ravage la colline située au-dessus de Cuges et entre La Bégude sur la D3.

L’attaque
Nous prenons position avec des inter-distances de 30–40mètres entre chaque engin. Nous déroulons nos tuyaux le long de cette colline sur une longueur d’environ 100 mètres. Tuyaux de diamètres de 70 mm puis réduits en 45.
5 à 10 minutes plus tard, un ronflement ou un bruit de roulement de train nous arrive dessus. Le jour disparaît. Nous voilà plongés dans la nuit noire avec en plus, une très forte odeur de bois brûlé. La gorge nous brûle et nous coupe la respiration.
Nous attendons que le front de flammes parvienne à une cinquantaine de mètres de nous, pour diriger le jet de nos lances

Feu du midi douche aprés intervention dans la pinéde

Vies en danger
Ordre hurlé par le binôme à la lance dont je fais partie : “ envoie l’eau, mais envoie l’eau ! ” ; hélas elle n’arrive pas ; Nous crions, hurlons de nous envoyer l’eau mais toujours rien. Les flammes sont à 40 mètres, puis 30 m et continuent à se rapprocher. Je donne l’ordre de retourner à toute vitesse aux engins le feu aux fesses (c’est le cas de le dire).
Nos tuyux brûlent…. des pommes de pins enflammées éclatent et sont projetées par-dessus nous.
Je pense que nous sommes « foutus » tout en dévalant la colline. Les flammes vont plus vite que nous……..
Tout d’un coup, nous nous retrouvons plaqués au sol et assommés par une très forte quantité d’eau qui nous tombe dessus.
Un miracle………………. Non, car nous venons de recevoir le largage du DC6, un avion bombardier d’eau de la Sécurité Civile.
Nous sommes trempés de la tête aux pieds, recouverts de mousse provoquée par ce mélange eau/retardant, empreints d’une très forte odeur, mais entiers
Le front stabilisé puis arrêté, nous essayons de comprendre notre problème d’eau.
Pendant ce temps, nos collègues des autres équipes éteignent certaines reprises de flammes provoquées par les pommes de pins projetées de l’autre côté de la route. Information provenant du terrain, ce sont nos collègues de Sassenage qui ont pris le gros des flammes détournées et qui les ont empêchées de passer la route et de descendre sur la commune de Cuges.
Pour la petite histoire, lors de ma visite au congrès national se déroulant à Montpellier, plusieurs avions Canadair anciens et nouveaux modèles sont exposés En discutant avec un des pilotes, je découvre que c’était lui qui pilotait le DC6.
Du ciel ils ont vu la gravité du problème. Ils font un demi-tour et larguent une partie de leur réservoir rempli du mélange eau et produit retardant de couleur rouge.

Casse-croute avec ceux de Grenoble.

La réparation
Suite à ce « très gros problème », nous avons ordre de rejoindre le PC feu où nous sommes attendus par deux marins pompiers, des mécaniciens, du bataillon de Marseille.

De suite, ils démontent notre pompe puis le moteur et découvrent le joint de culasse déformé. Origine : absence de refroidissement avec origine des gravillons provenant sans aucun doute du remplissage de la tonne (citerne de 1750 litres) de notre CCFM à Aubagne. Il est courant de trouver de petits gravillons dans les réseaux d’eau des communes sauf que là, ils ont fait du dégât.
Durant la réparation nous retournons dans notre grange. Nous entendons nos collègues partir faire un établissement dit « vertical » dans la falaise du col de Cuge afin d’alimenter des engins plus haut. Toute la nuit, nous les entendons pitonner la paroi. Nous languissons de retourner prendre part au combat Tout est OK. Nous redevenons opérationnels

Nouvelle attaque
A ce moment, ordre est donné de repartir rejoindre le lieu dit Mauregard afin d’empêcher toute reprise de feux dans le secteur. Pour cela, il faut positionner un engin en haut d’une falaise et équipé de jumelles, il faut « décaler » un ou plusieurs engins basés dans la vallée sur toutes ces reprises. Nous sommes tout normalement désignés. L’accès est très difficile à cause de gros rochers. Nous mettons environ une bonne demi-heure pour atteindre ce lieu.
Quatre ou cinq départs sont visibles. Nous dirigeons un ou deux véhicules sur ces sites. La nuit est longue et inconfortable. Nous procédons nous même à l’extinction d’une arrivé de feu à notre niveau. Un feu montant le long de la falaise par l’intermédiaire des racines d’arbustes qui se communiquent les unes aux autres. Tout au long de la journée, le même travail s’effectue.
En fin d’après-midi, nous sommes informés que l’ensemble de notre colonne est attendu sur le plateau par des fermiers dont nous venons personnellement protéger le ranch avec leurs vaches et chevaux contre un feu naissant.
Pleins de joie, nous nous installons autour d’une grande table afin de manger une énorme omelette composée d’une trentaine d’œufs, de lard, de bouts de poulets, de légumes, de pain grillé. Cela va nous changer des rations de guerre.
A peine assis, les radios crépitent d’ordres adressés à la colonne de l’Isère.
La rage au cœur, il nous faut abandonner ce moment de détente. Nous revoilà en train de remonter dans nos engins respectifs, avec comme mission de regagner Cassis ou La Ciotat. Une VL Tout Terrain nous attend à un carrefour est nous guide sur notre nouveau lieu.
Celui-ci est le centre de secours de Cassis où il nous est ordonné de rejoindre un champ en dessus de la ville. Pour l’atteindre on doit passer par un sentier où il nous faut écarter les buissons et arbustes. Là, nous faisons demi-tour dans ce chemin qui fait quatre mètres de large. En position, un établissement de tuyaux de 70 sur une longueur de 400 mètres et en passant sous les rails de la voie ferrée internationale de Marseille – Vintimille. Un tour de garde est mis en place. Un homme avec jumelles juché sur un engin et deux autres hommes à l’extrémité de l’établissement avec comme mission de «  tuer » tout feu naissant ou de reprise. L’emploi de radio est obligatoire. Notre tour de garde est vers les deux heures. Quelques minutes à peine plus tard, une fumée apparaît et avec elle une forte odeur de brûlé. Nous réveillons l’ensemble de la colonne car cela devient très sérieux. Deux autres établissements sont installés et nous devons arrêter toute circulation ferroviaire en appelant les gares de part et d’autre. Une rame n’est pas avertie nous devons la stopper d’urgence et lui faire faire une marche arrière car des flammes lèchent les parois d’un wagon. Flammes très vite éteintes. Après cela, l’ensemble de notre détachement ne se recouchera pas.

Colonne composée d’équipes de Grenoble, Fontaine, Sassenage Saint Martin D'Héres, Le Versoud.

10 heures sur le retour
Nous apprenons que nous sommes relevés. Nous partons en direction de Marseille. Mais en cour de route, nos radios nous avertissent que nous risquons de partir pour la Corse via Marseille. Nous le saurons à la bifurcation des routes avant cette ville ; tout droit, ce sera la Corse, à droite, ce sera Salon de Provence.

Corse ou Salon
Soulagement, nous tournons à droite. Faut savoir que si nous partions pour la Corse, c’était pour au moins une semaine complète, sans compter les traversées.

Pompiers et avions de guerre
A l’entrée de la base aérienne de Salon, les plantons nous guident sur des toiles de tentes mises à notre disposition.
Nous réclamons un bâtiment en dur car nous savons qu’un bâtiment avec réfectoire, self, salon et dortoirs est libre.
Une bonne douche un bon repas c’est le pied ! ! 
Vers 22h30, d’un accord commun, nous décidons de nous coucher.

Nouvelle mise en alerte
A peine au lit, notre commandant nous informe qu’à nouveau, nous sommes en alerte pour l’Ardèche. Le signal sera la sirène de la base.
OK, allez dodo………
Certains d’entre nous, rêvent d’omelette qui nous est passée sous le nez. Nous sommes réveillés par la sirène.
Fausse alerte ce n’est pas celle de la base mais celle de Salon. Aussitôt, nous nous retrouvons sous les couvertures et draps.

Feu du midi moment de détente avec les riverains.

Le retour
Réveil vers 7h30, puis douche, café nous voilà fins prêts à nouveau. Discussions, photos, appels téléphoniques à nos familles et à nos employeurs pour les informer : on arrive à midi et au repas, que l’on espère meilleur celui-là car notre commandant s’était fâché la veille contre celui du soir.
Quelques minutes plus tard, un sous-officier de la base nous apprend qu’une deuxi
Tiens- tiens, mais ce, sont nos pompiers de la Savoie qui nous ont rejoint sur la place d’armes où nous sommes basés.
Nous leurs demandons des nouvelles des fronts de flammes, de l’endroit d’où ils viennent.
Notre car arrive. A peine arrêté, nous mettons nos paquetages, sacs à dos dans les coffres et nous montons car nous partons tout de suite. C’est la quille ! ! ! ! ! ! ! ! Ah le confort des fauteuils, rien à voir avec les sièges de nos engins.

Le retour chez nous
Le lundi suivant, étant ensemble de garde tous les trois pour la semaine, nous revivons ce séjour.
Mauvais et bons moments sont revécus. Nous pensons à tout ce qui a péri comme tous les insectes, lapins, renards, oiseaux, mammifères, tortues, etc.… Toute cette réflexion nous ramène à la réalité car nous savons que de nouvelles demandes de renfort arrivent dans les centres de secours. La bordure Méditerranéenne brûle, brûle, …… et nos collèges du Var, des Bouches du Rhône souffrent le martyre de voir leurs paysages partir en fumée.

Témoignage de Yves Poncet lieutenant chef de corps à la retraite


Véhicules devant l'ancienne caserne angle rue de la Liberté avenue Jean Jaures

Février 1986 inauguration de la nouvelle caserne rue Paul Eluard.

En février 1986 inauguration de la nouvelle caserne rue Paul Eluard.

Manoeuvres au parc Karl Marx.


Sapeurs-pompiers à la caserne rue Janolin en tenu civil début du 20 éme siécle

Laissez-passer pendant la guerre de 39-45

Pompe à bras utilisée au début du XXe siécle

Section gymnique de la Compagnie des Sapeurs-pompiers en 1937


La boucle est bouclée !...
Le jour où Blanche a envoyé un million de baisers à Jane, elle était loin de se douter de l’itinéraire peu banal qu’allait connaître son courrier. Voyez plutôt. Après avoir atteint sa destination, comme la plupart des cartes postales, elle disparaît de la circulation…
C’est un couple de Fontainois, les Chaléon, qui, en villégiature à Paris, vont la débusquer à l’étal d’un bouquiniste le long des quais de Seine. Un pur hasard !... Existe-t-il un hasard, d’ailleurs ? Cette photo reprend donc la direction de Fontaine où elle va enrichir l’illustration d’un livre sur l’histoire de la cité, témoignage de la vie passée… Un retour à la case départ en somme… L’histoire pourrait s’arrêter là, elle est déjà fort belle.
Ce n’était pas prémédité. Nous avons repris cette image pour illustrer notre numéro 22 consacré à La Poya, ignorant tout de son histoire.
Jean Mariac, l’emblématique instituteur de la commune l’identifie. C’est Blanche, sa maman, qui en est l’auteur. Il nous envoie ce gentil petit mot, que nous publions, par lequel il nous raconte cette jolie anecdote.
Cette carte a désormais trouvé sa place dans la mémoire vivante des Fontainois, manière de ne pas rester lettre morte… La boucle est vraiment bouclée !...

Epifanio Carvello