EDITO

Dans ce numéro de Mémoires, ce sont nos oreilles que l’on va solliciter.
Fermez les yeux, on vous envoie la musique. Chaque étape de notre vie est marquée par la musique. Au plus profond de chacun de nous,

et pour chaque génération, dort une berceuse, chantée par la plus formidable des interprètes : notre maman.
L’école républicaine prend le relais avec les comptines, les rondes, les premières chorales.
La musique est l’art populaire par excellence : pas besoin d’instrument, les oreilles suffisent. On écoute ça et là. Les goûts de chacun s’affirment ainsi. On s’identifie aux artistes, on apprend la critique.
Les uns préfèrent les variétés, les autres, la grande musique. Qu’elle soit de chambre ou de la rue, qu’elle soit sacrée, classique, baroque, pop, techno, voire militaire, qu’importe, ça adoucit les mœurs prétend-on.
Notre vie entière est accompagnée de jazz, d’accordéon, de violons du bal…
Dans les moments de joie intense, de profonde tristesse ou de douce mélancolie.
Notre journal est allé à la rencontre de quelques Fontainois qui se sont investis dans ce formidable moyen d’expression. Carrières éphémères pour les uns, plus affirmées pour les autres. Tous le même enthousiasme, l’envie de partager, car c’est bien de ça dont il s’agit : partager sa musique avec tout le monde.
Que serait d’ailleurs un monde sans musique ? Sans tambours et sans trompettes ?
Voilà que je suis rattrapé par le naturel. Les trompettes de la renommée vont sonner !
Il faut que j’y aille piano, sinon je vais me faire remonter les bretelles !
C’est réglé comme du papier à musique…
Tant pis, on ne me mettra pas au violon pour autant…
De toute façon, en France, tout finit par des chansons, vous connaissez la musique !...

Le comité de rédaction


L’ECOLE DE MUSIQUE

Vous souvenez-vous de l’école de musique de Monsieur Cahuzac ?
C’était une petite maison, à l’angle de l’Avenue du Vercors et de la rue Jean Jaurès. On y entrait par une lourde porte métallique vitrée derrière laquelle se trouvait un magnifique escalier courbé en bois menant au premier étage. Et là, un petit hall, où les yeux ne pouvaient ignorer l’imposant tableau d’honneur, immense cadre en bois sculpté, tant convoité par les élèves.


Annie Grandjean à l'école de musique. Concert au gymnase Maurice Thorez

A cet étage, se trouvait le bureau de Monsieur le directeur, sentant toujours bon la cire, et dont les murs étaient décorés de vielles partitions originales et d’instruments à vents anciens. Deux autres petites salles à cet étage qui servaient selon les jours et heures aux cours de violon de Mr Phalipou, de clarinette de Mr Vienne, de piano de Mme Lamoureux, de flûte traversière de Mr Vidalou  et ... pardon d’avoir oubliés les noms des autres professeurs de basson hautbois, alto, violoncelle, percussions et trompette.
Encore un escalier qui séparait la salle de piano du bureau de Mr Cahuzac et nous montions en salle de solfège. Avec ses doubles bureau, un grand tableau noir, et le fameux Bontempi !
Pas de magnétophone, pas d’ordinateur, pas de chaîne stéréo… juste des craies, des cahiers, des crayons et des gommes. Et notre
unique professeur : Mr Cahuzac avec son métronome.
J’ai gardé le meilleur pour la fin : la " grande salle " du rez-de-chaussée. Là, se trouvaient un autre piano, une petite batterie, une contrebasse (pour les cours de Melle Vanderborg), un clavecin et …. une estrade pour le chef d’orchestre. Et oui ! Nous avions déjà un orchestre uniquement formé d’élèves et qui donnait des concerts à la salle Jean Jaurès, à l’Eglise St-François d’Assises, au gymnase Maurice Thorez mais aussi parfois dans d’autres villes ou nous nous rendions en car ; orchestre symphonique oblige !!!!!
Ce sont mes souvenirs de années 1971 à 1981 que je vous rapporte ici. De très bons souvenirs de cette, certes, petite école de musique où j’ai été élève puis professeur (en 1977) grâce à laquelle je suis rentrée au conservatoire et sans laquelle notre école de musique actuelle ne serait peut-être pas ce qu’elle est.
J’y ai appris, enseigné, joué en soliste, dirigé parfois l'orchestre et j’espère que tous ceux qui ont connu cette petite maison auront une petite bouffée de nostalgie en lisant cet article et une pensée pour certains élèves et professeurs qui ne sont malheureusement plus de ce monde.
Une petite maison, une petite famille, comme on en a tous, dans laquelle nous ne sommes pas nés mais qui restera toujours dans nos cœurs avec ses visages, ses odeurs, ses sonorités même si les lieux n’existent plus.

Annie Grandjean


L’Harmonie « Echo des Balmes » où le grand âge ne nuit pas à la vitalité
On ne peut pas évoquer la musique et les musiciens de Fontaine sans faire une place à la formation la plus ancienne et la plus connue des habitants de la commune : L’Harmonie Echo des Balmes.
Gilles Poupon qui est un membre actif de cette association : musicien et ancien président a bien voulu nous parler de l’histoire et de la vie de l’Harmonie très liées à notre ville.
Née Fanfare en 1869, l 'Echo des Balmes devient Harmonie au milieu du 20éme siècle. Tous les Fontainois ont eu, un jour ou l’autre, l’occasion d’entendre cette formation musicale ainsi que le Réveil Fontainois (son cadet) né en 1932.
L’Harmonie a fait réaliser trois enregistrements de son orchestre. En suivant les progrès techniques ce fut un disque 33 tours en 1979, une cassette souvenir en 1986 et enfin un C.D. sorti en 2003.

Musiciens de l'Echo des Balmes. Le groupe des seniors.

Le plus jeune des musiciens, joueur de trompette a 9 ans. Le doyen, 78 ans, est Roger Poupon qui fut longtemps président.
Pour les 50 musiciens de l’orchestre c’est une affaire de fidélité, la plupart reste plus de 20 ans, c’est aussi une affaire de famille : couples, père et fils ou filles, frères et sœurs se retrouvent dans leur goût commun pour la musique.
Depuis 1995, la création d’un orchestre junior permet aux débutants de se produire en public avant de rejoindre l’orchestre de l’Harmonie.
Les jeunes poursuivent leur apprentissage au Conservatoire ou à l’Ecole de Musique et ils ont une répétition hebdomadaire le mardi ; pour les adultes c’est le vendredi.
La musique et la ville de Fontaine font bon ménage. Deux concerts annuels sont donnés : celui de la Ste-Cécile (patronne des musiciens) en novembre et un gala de printemps où la population est largement invitée.

Pochette du 33 tours de l'Echo des Balmes - 1979

L’Harmonie ainsi que le Réveil participe aux commémorations du 19 mars, du 8 mai et du 11 novembre, ils sont présents aux fêtes de Fontaine et aux rencontres avec les villes jumelles. L’Harmonie entretient des relations plus étroites avec Alpignano et sa Banda musicale. C’est même d’une première rencontre entre les 2 orchestres qu’est né le jumelage « Fontaine-Alpignano ». Elle a aussi animé le 1er mai et pendant des années le Corso de Fontaine. A d’autres occasions, elle peut aussi venir jouer à la demande du Maire. L’orchestre fait des déplacements surtout dans l’agglomération : Vizille, Echirolles, Meylan… parfois plus loin selon l’invitation d’autres villes.
Enfin, elle se présente à des concours. Le dernier concours national à Hyères en 2003, lui a permis d’accéder à la 1ère division. Ce niveau très honorable la situe dans les meilleures harmonies dauphinoises.
Son répertoire varié allant du classique au jazz fait qu’elle peut plaire à tous les publics.

Suzanne Jadeau avec les indications de Gilles Poupon



Affichette des Vampires - De gauche à droite et de haut en bas : Robert Pelloux, Gérard Pinardy, Severin Batfroi, Tony Caryl et Alain Garcia.


Les Vampires à Saint-Nizier - De haut en bas : Roger Secco, Tony Caryl, Gérard Pinardy, Robert Pelloux et Severin Batfroi.


Cette troisième photo nous a été confiée par Maurice Jozrolland. Les deux sœurs Coquand encadrent André Anelli, le petit « Bourvil ». Il est devenu un musicien de trombone et un trompettiste. On trouve son nom ainsi que celui Pierre Drevet et Fabrice Bon sur le 33 tours de Michel Diblio et celui du 45 tours de Sébastien Mistral.


MISS PANTA-

SHOP
Je suis née en Août 1960 à l’époque du Rock and Roll. En 1968 du haut de mes 8 ans à l’école je découvre la mixité dans la cour. Nous portons des blouses pour ne pas abîmer nos vêtements.
Le samedi nous allons « en ville » faire du lèche vitrine. Nous passons l’après midi à admirer les modèles. Nous arpentons les boutiques de tissus (afin de copier les modèles).
La semaine suivante maman se met au travail pour me confectionner de beaux habits à la mode.
Maman m’envoie à la mercerie du coin, acheter du fil et des boutons assortis aux tissus achetés le samedi précédent.
Je la revois encore cette mercerie pleine comme un œuf, débordante de bobines de fil multicolore, de boutons exposés comme des bijoux dans leur écrin, de rubans de satin, de la dentelle, de bas et de collants.


Maryline Païs au magasin Pantashop, 43 avenue Aristide Briand.

J’adore ce magasin. D’ailleurs le jeudi je joue à la vendeuse avec la boîte à couture de maman.
La musique DISCO arrive, j’ai 19 ans.
Je suis toujours aussi coquette et aime autant la mode.
Je recherche du travail. En réponse à une annonce je me retrouve à Fontaine dans une boutique spécialisée en pantalons.
Très rapidement je deviens responsable du magasin.
Ça me fait tout drôle, cette boutique est la fameuse mercerie, celle où j’aimais faire mes achats enfant.
Eh oui ces deux femmes à qui j’achetais du fil étaient devenues mes employeurs.
En effet madame Filepi et sa fille Nicole, suivant l’évolution du commerce décident de transformer cette boutique démodée en un magasin populaire, précurseur des grandes surfaces d’aujourd’hui.
On y trouve que des pantalons, pour homme, femme, enfant.
Ici on s’habille pour pas cher, on achète 2 pantalons pour le prix d’un.
Le slogan de l’époque « Si Pantashop n’existait pas il faudrait l’inventer ».
Le magasin est orange. Il se voit de loin. Tous les habitants de Fontaine et alentour deviennent de fidèles clients.
Les affiches sont énormes « des grandes affiches pour des petits prix ».
Je m’applique à connaître mes produits pour conseiller et trouver ma propre technique de vente.
Je manipule des centaines de pantalons.
Le velours est à la mode. Les femmes s’habillent de plus en plus en pantalon.
Au fur et à mesure j’habille toute la famille.

Les liens se tissent avec la clientèle. Le tout Fontaine s’habille chez Pantashop.
Le quartier est très vivant. Dehors on entend le rire de madame Bellone « la fleuriste », la voix de madame Moroni « la poissonnière » et les klaxons des voitures. Qu’il fait bon vivre dans ce quartier !
Les femmes apportent le vieux pantalon du mari et en choisissent de nouveaux dans la tendance du moment.
Les jeunes filles me mettent dans la confidence pour que j’oriente leur mère dans leur achat.
Eh oui en 1980 le jean’s devient un pantalon de ville et les mamans ont du mal à l’admettre.
La mode est serrée et le jean’s est très raide. A longueur de journée, j’aide les femmes à monter leur fermeture éclair.
Je leur conseille même d’enfiler leur jean’s humide afin que l’étoffe se prête mieux au corps.
Ici toute la famille se retrouve à la mode pour pas cher.
Je fais partie de leur quartier, de leur vie. Ils m’appellent tous Miss PANTASHOP
Les années des tissus strech, le confort, les couleurs arrivent. Les hommes qui goûtent aux jean’s extensibles. C’est une période super pour le magasin.
Les hommes viennent acheter eux-mêmes. Le climat est très sympathique. Je travaille beaucoup mais prends le temps de rire avec les clients.
En 1980, le rayon tergal est important. Ils aiment le jean’s mais les hommes s’habillent chic pour sortir et danser le Jerk. Les femmes se sont libérées. Elles ne mettent que des pantalons. On passe du modèle « patte d’éléphant » au tergal cigarette, aux caleçons multicolores Quelle aubaine pour le magasin !
Mes clientes sont devenues des amies. A chaque nouvelle collection, elles viennent essayer les nouveautés.
Dans le magasin l’ambiance est géniale. Elles se prennent pour des mannequins. Elles donnent envie d’acheter les nouveaux modèles aux autres clientes qui les regardent sortir des cabines d’essayage.
Et les ventes commencent : " Il existe en 40 ? ", " Existe-t-il en noir celui-ci ? ".
Et Hop ! c’est vendu.
Le samedi toutes les cabines sont remplies de clientèle.
On m’appelle Marilyne par ci, par là.
« Il me faut un 36. »
« Existe-t-il en velours ? »
« La retouche pour mardi, c’est possible ? »
« Combien je vous dois ? »
Je ne sais plus donner de la tête ; le magasin tourne fort.
Dehors, l’avenue Aristide Briand bouillonne, les gens vont de boutiques en boutiques, les tiroirs-caisses sonnent de plaisir.

La musique Disco a fait place à la Techno.
Le nouveau millénaire arrive.
Les grandes surfaces se multiplient. L’image de Pantashop se modifie ? Le bas de gamme ce n’est plus pour nous.
Les grands magasins se sont emparés de cette part de marché.
Mes patrons renouvellent l’image ; l’enseigne devient Bleu, Blanc, Rouge, les pantalons sont soigneusement rangés, le loock est très « classe », les mannequins sourient en vitrine, les affiches sont soignées et stylées.
Le magasin populaire est devenu une boutique. Le quartier est maintenant de plus en plus silencieux. La plupart des commerçants ont tiré leurs rideaux.
La qualité des produits grimpe, leurs prix aussi !
La clientèle est toujours fidèle, les enfants qui venaient avec leurs parents, viennent à leur tour avec leurs propres enfants. Et maintenant la jeune vendeuse a vieilli.
Nous avons franchi l’an 2000 et me voilà à 46 ans.
J’ai vécu dans cette ambiance chaleureuse et familiale.
Lorsque je croise les Fontainois, ils pensent toujours à Pantashop.
Miss Pantashop n’est plus dans ce quartier.
J’ai partagé les joie et les peines des Fontainois. Cette période a représenté pour moi une véritable aventure humaine.
A présent j’ai tourné une page pour un autre avenir mais mon cœur et mon âme restent dans ce petit recoin de l’avenue Aristide Briand.
Je tiens à saluer et remercie toutes les personnes qui m’ont fait confiance durant toutes ces années.

Propos de Maryline Païs


- Mémoires - Avec le soutien de la Ville de Fontaine, du Conseil Général de l'Isère, de l'Etat (D.D.E), du Feder-Pic-Urban, de la Metro, du Fasild, de la région Rhône-Alpes.

50, avenue Aristide Briand - 38600 Fontaine et 17, rue Jean Bocq - 38600 Fontaine
Tél. : 04 76 53 22 16
E-mail : memoire.present@club-internet.fr

Horaires d'ouverture :
Mardi : 14 H 30 - 17 H 30
et sur rendez-vous

Ont contribué à ce numéro:

Ont contribué à ce numéro :
Ont participé à ce numéro :

Denis Guignier, Suzon Jadeau, Epifanio (Pif) Carvello, Hanane Bilouk, Isabelle Fonné, Albert Potton, Roger Pedrotti, Maurice Roux, Jean-Claude Champon, Jacques Subervie, Nizar Baraket, Maurice Saltano, Annie Grandjean, Georges Ronna, Robert Pelloux, Michel Dibilio, Freddy Zucchet, Maurice Jozrolland, Christian Blanchard, Christian Bernard, Thierry Rocha, Manu Barrero, Henri Granados, Jean-Luc et Béatrice Gonzalez, Anne-Marie Panzarella, Roger Poupon, Gilles Poupon, Carole Billet.

- Maquette du journal : Valérie Le Garroy.

- Imprimerie des Eaux-Claires.

- Maquette du journal : Valérie Le Garroy.
- Imprimerie des Eaux-Claires.

Les Vampires dans les années 62-63 - Riquet Gaggero, Séverin Batfroi, Robert Pelloux, Alain Garcia, Gérard Pinardy


Dédé Tritus
L
’est à la rentrée 1981 que j’ai eu comme instituteur, Freddy Zucchet, en CM1 à l’école des Balmes à Fontaine.
Durant toute l’année scolaire, nous avions « activité musique » tous les après midi. On travaillait le matin et l’après midi, on écoutait des mélodies, on apprenait des chansons, on chantait et on fabriquait des instruments de musique. Instruments que l’on peut retrouver sur la pochette du disque.
Je crois que nos parents étaient un peu inquiets de nous voir faire autant d’heures de musique, mais l’année s’est relativement bien passée pour tout le monde.
Puis, dans la deuxième partie de l’année, notre maître nous a annoncé qu’il allait faire un disque. Les répétitions se sont un peu intensifiées et nous allions également répéter chez Freddy Zucchet le samedi après midi.
Nous n’étions que sept filles de l’école à participer à l’enregistrement de l’album en studio.
Il y avait Yesma qui chantait des phrases entières seule, puis nous : Latifa Hidri, Patricia Lombardo, Rita Spoto, Rosalie Gérarci, Sophie Cigna et moi, Carole, qui faisions les chœurs ou qui chantions quelques mots par ci par la.
Je ne me souviens pas comment nous avions été choisies par Freddy Zucchet mais je me rappelle que nous étions très fières et très contentes.


Photo de la pochette du disque de Freddy Zucchet. En haut à gauche : Philippe - Au centre en rouge : Latifa Hidri - Au centre avec la trompette : Sophie Cigna - Au centre assise avec les baguette : Patricia Lombardo - Au centre la petite fille est Romi la fille de Freddy Zucchet - En Haut Sabine avec le tambour - Et moi Carole en dessus de Freddy Zucchet.

Pendant l’année, nous avons également préparé la pochette du disque.
D’abord les instruments, comme je l’ai dit plus haut, puis les prises de photos pour la pochette.
Nous avions cherché un endroit pour réaliser les photos et avions trouvé une décharge sauvage située derrière la caserne
actuelle des pompiers à Fontaine (Éh oui l’album s’appelait « Dédé Tritus »).
Et c’est là bas, que nous avons réalisé, tout un samedi après midi les nombreuses photos pour la pochette.
Je me rappelle que nous avions d’abord rassemblé des bidons, des pneus, un chariot et divers objets métalliques puis peint les mots Dédé Tritus sur le gros bidons dans lequel se trouve Freddy Zucchet sur la photo de la pochette.
Nous étions beaucoup d’enfants à participer à cette séance de photos et tous n’ont pas enregistré le disque. Certains qui sont sur la pochette n’ont pas participé à l’enregistrement, et d’autres qui ont chanté sur le disque ne sont pas sur la photo choisie pour le disque.
Pour ma part, j’ai la chance d’être sur la pochette (à droite en dessus de Freddy Zucchet) et d’avoir chanté sur le disque.
C’est un excellent souvenir.
L’enregistrement de l’album a été réalisé à l’automne 1981 pendant les vacances de la Toussaint dans un studio d’enregistrement à La Tronche. Nous étions donc 7 filles à participer à l’enregistrement et je me souviens que nous étions toutes montées dans la ford fiesta rouge de Freddy Zucchet, serrées comme des sardines, de Fontaine à La Tronche.

Sur cette photo de ma classe, tous ont participé aux répétitions et aux diverses photos

Et trois enfants ont participé à l’enregistrement du disque - RITA 2eme rang première en partant de la gauche à coté de Freddy Zucchet - SOPHIE 2eme rang deuxieme en partant de la droite et moi, 1er rang et troisieme en partant de la droite.

Photo de classe de l'école des Balmes - 1981
Nous passions chacune à notre tour pour chanter et nous faisions souvent 4 ou 5 prises mais je me rappelle que nous n’étions pas trop impressionnées par tout ce matériel mais plutôt fières d’être ici et nous nous appliquions de notre mieux.
Il y avait également une chorale qui chantait sur le disque et nous avions à cœur de nous montrer à la hauteur.
Cela dura trois longues journées pour nous et nous repartîmes sur Fontaine, bien fatiguées mais avec des souvenirs inoubliables dans la tête.
J’ai beaucoup aimé cette période et je me suis donné à fond dans les enregistrements. D’ailleurs, Freddy Zucchet m’avait dédicacé mon album avec ces mots : « Pour Carole qui j’espère a retrouvé sa voix depuis l’enregistrement ».
Ces images sont assez loin maintenant car j’avais dix ans à l’époque mais j’en garde un excellent souvenir. J’ai recroisé il a dix ans Freddy Zucchet dans une fête et celui-ci m’a redédicacé une cassette de cet album pour mes enfants qu’ils écoutent encore et
qu’ils connaissent par coeur.

Récit de Billet (Enselmoz à l’époque)


Lily et les vampires
Dans le milieu de l’édition, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, il en est de même pour la musique.
Du 78 tours au compact-disc, bien des musiciens n’ont pas eu la chance de voir leur nom sur une pochette ou leur voix ou instrument enregistrés et répandus dans les chaumières.
D’autres ont eu ce plaisir !
Repérons ceux ayant habité notre localité qui ont vu les fées du microsillon se pencher sur leur berceau :
Odette, Clara Fayolle dite
Lily Fayol, cette femme pétillante fut sans doute la première habitante de Fontaine que les gnomes de l’enregistrement ont choisie.


Une de ses ultimes pépites. La servante du château sera supplantée par la bonne du curé d'Anny Cordy.

Elle est née en 1914 à Allevard. Ses parents s’installent rue Aubert à Fontaine en 1918.
Son père Louis Fayolle est ouvrier mécanicien à l’agence maritime DML, sa mère boutonnière chez Bartholon. Son frère Roger, son cadet d’un an, sera trieur de peaux chez Guillaumet à Fontaine.
A 5 ans, Lily est petit rat.
Elle n’a pas encore 12 ans ce 8 mars 1926. Au théâtre de Grenoble, l’Orphéon municipal donne Orphée de Glück (ce compositeur est l’ancêtre du dessinateur du Chat Philippe Gelück selon ses dires).
Le maître de ballet Laurent Natta a imaginé un quadrille de jeunes enfants avec notamment Lily Fayol habillée en pompier et qui doit saluer militairement en se retournant.
Si Lily salue fort bien, elle oublie de pirouetter. Du trou du souffleur, le maître Natta lui dit doucement:
« Tourne Lily, tourne Lily. »
Ne comprenant pas ce qu’il lui dit, on la vit alors s’approcher du trou du souffleur et dire :
« Qu’est-ce que vous dites monsieur Natta ? »
Et c’est ainsi que notre espiègle Lily obtint son premier triomphe.
(Aujourd’hui l’école d’art chorégraphique de Grenoble porte le nom de Laurent Natta.)
Adolescente, Lily est gantière, le soir elle continue la danse qui est sa vraie passion.
Elle termine danseuse étoile à Lyon à 19 ans.
Lily devient une grande sportive surtout en natation, puis en danse acrobatique avec son premier partenaire pour une carrière internationale jusqu’en 1939. Ils prennent le nom de Baby et Davis.
C’est avec son deuxième compagnon Maurice Roux qu’elle projette une carrière dans la chanson.
En juin 1945, elle enregistre son premier 78 tours « La guitare à Chiquita » et « Le rythme américain » de Loulou Gasté (futur mari de Line Renaud).
Dès la sortie du disque, Lily Fayol est propulsée vedette. (Mémoires lui a consacré un article dans le n°9).
Elle a le physique de la blonde incendiaire des westerns.
Francis Blanche lui compose une chanson de cow-boys « Le gros Bill », Yves Montand lui prend « Luna Park » », les frères Jacques « La gavotte des bâtons blancs ».
En 1948, Line Renaud triomphe avec « La cabane au Canada ». Lily réplique alors avec « La cane au Canada » en imitant le canard sur un air de samba.
Elle interprète aussi « Le petit cochon en pain d’épices » autre véritable petit chef-d’œuvre d’humour et de tendresse.
Ses copains les Compagnons de la Chanson la recommandent au directeur du Châtelet, Maurice Lehmann dans une opérette américaine d’Irving Berlin « Annie au far-west ». C’est un des événements artistiques de l’année 1950 !
Mathé Althéry, future grande chanteuse lyrique est figurante dans cette revue.
Lily chante alors beaucoup, tout en tournant dans quelques films. Ce qui en fait une des rares Fontainoises ayant eu aussi une carrière d’actrice.
En 1957, elle fait construire un restaurant cabaret « le Far-west » à Chamrousse.
Lily Fayol est estimée comme une des plus grandes fantaisistes de l’après guerre.
Son refrain le plus chanté, qu’on peut télécharger sur les potables est : « Qui c’est qui fait glou-glou, c’est la bouteille, c’est la bouteille. Qui c’est qui fait glou-glou, c’est la bouteille de chez nous ».
Elle en sera un peu accablée car son chanteur préféré reste Léo Ferré dont elle ne fredonnera que deux de ses chansons sur les 400 qu’elle a enregistrées de 1945 à 1960.
La chanteuse grenobloise Anaïs, révélation 2006 de la chanson (Mon cœur, mon amour) dit l’avoir beaucoup écouté dans son enfance.
Elle est de moins en moins oubliée. Le 16 juin 2006, les habitants de Esse dans le département de Charente ont assisté à un défilé de danse par une revue composée de jeunes femmes costumées en habits de la « belle » époque.
La revue s’appelle « Lily Fayol ».

Nos barmen
La jeunesse d’Annie Cordy et le twist poussent Lily Fayol vers la sortie.
Parmi ces twisters se révèle un autre Fontainois
Jean-Claude Champon, dont les enregistrements de 1961 à 1967 ne reflètent pas la réalité de la véritable bête de scène qu’il était.
Le showbiz en a fait un Champion, le métamorphose en Fantôme avant de le réincarner en Vampire (lire l’article le concernant sur le Mémoires n°8).
Quand il redevient un être humain, il ne sait plus si on doit l’appeler Jean-Claude Chane, Claude Channes (avec toutes les variantes possibles et imaginables du nom) ou Jean-Claude Lannes pour bien brouiller les pistes des éventuels acheteurs de ses disques.
Au lieu de fredonner des bluettes, il préfère chanter « Presse purée, presse pourrie » ou « Coulez-moi ». Il ouvre un bar cabaret à Sassenage qui sombre également.
Aujourd’hui, Jean-Claude est lui aussi de moins en moins oublié. La nostalgie marche bien. Des scènes le redemandent en tant qu’ancien Champion.


1983 : son dernier 45 tours à ce jour. S’il te plait Jean-Claude, redevient rapidement un " Champion ".

Lui qui est passé à côté d’une très grande carrière et ne voulait plus entendre parler des années 60.
Il a enfin envie de chanter cette époque-là...
Nous avions lancé un appel dans le Mémoires n°3 concernant
Jacques Subervie pour savoir ce qu’il était devenu.
Son vrai nom est Jacques Roche.
Gamin, il habite au début de l’avenue Aristide Briand, puis au Mail Marcel Cachin.
Jacques apprend le saxophone à l’école de musique de Fontaine. Dès sa première année il remporte le concours supérieur de musique à l’étonnement de son professeur Cahuzac.
Mais il préfère s’accompagner à la guitare.
En 1967, il passe des auditions à Paris.
Jacques gagne le concours de la fine fleur de la chanson française organisé par France Inter devant 300 candidats.
Le premier prix est des cartouches de cigarettes françaises infumables.


1976 sa chanson « L’oiseau » est un chef-d’œuvre. En 1979 un 33 tours sort inconnu de nos oreilles. Le disque exposé devant une fenêtre chez sa maman a fondu au soleil. Dernièrement un CD est enregistré en Angleterre avec consigné « inspiration by red wine » (« inspiration par le vin rouge »)

Il enregistre un 45 tours pour les gosses avec Jean-Naty Boyer (qui est aujourd’hui l’un des plus illustres chanteurs du genre) et Jack Petro sous le nom des François.
En 1968, pendant les jeux Olympiques de Grenoble, il sort avec Boyer un disque plastifié.
Pendant un gala à Nice, Jacques est sollicité pour aller 1000 kilomètres plus haut chanter une chanson en play-back à Télé-Luxembourg, il redescend aussitôt chanter à Nice.
Un jour, la télévision française filme son spectacle. Jacques veut avoir une copie mais par mégarde, des bobines sont inversées. Il s’est retrouvé avec le compte rendu en espagnol du critérium du Dauphiné Libéré, alors que le film de son spectacle est parti en Amérique du Sud.
Il abandonne après 2 disques, lassé du show business.
Jacques part en Dordogne monter un restaurant et fabriquer du foie gras de 1981 à 1995.
Une occasion d’ouvrir une taverne en Angleterre s’offre à lui, il accepte et y reste pendant plus de 10 ans.
Jacques fait connaître aux Anglais et aux Irlandais la bonne cuisine et la chanson Française. Il enregistre un CD dernièrement là-bas
Retour en Dordogne début mars de cette année. Jacques vit depuis en camping-car avec sa femme à Bergerac, victimes de l’escroquerie d’un maçon.

Dans les musiques à la fois actuelles et traditionnelles, nous trouvons le trio Kerkennah.… composé de 5 membres, Nizar Baraket, Mourad Baïtiche, Pascal Billot (qui dirige aussi le Big-band de Fontaine), Patrick Guillou au son et Khaled Baïtiche à l’image.
Le nom du trio vient d’un groupe d’îles de la Tunisie flottant dans la grande bleue, et point d'union entre le ciel, la terre et la mer, entre l’Orient et l’Occident.
Leur musique est à l'exemple de cet archipel.
Proclamés talents du jazz à Vienne 2004, ils vont soutenir l’année suivantes les populations traumatisées par la guerre à Sarajevo et les environs.
Kerkennah a enregistré son 2ème CD à ce jour.


Ils sont allés chercher une tente berbère au Maroc pour créer un salon de musique chaleureux afin que les gens qui viennent les écouter puissent se sentir bien autour d’un café au 1 avenue Aristide Briand.

Franck Sciré chante des chansons napolitaines et anime les soirées dans sa pizzeria Romana, anciennement café Franco rue Henri Wallon à Fontaine.
L’imprésario Maurice Saltano fait venir en spectacle dans sa pizzeria : André Dassary, Henri Genès (pour fuir une semaine sa femme trop pénible), Maria Candido, Francis Linel, le comique corse Christian Méry…
Aujourd’hui Franck Sciré s’est volatilisé. Peut-être savez-vous ce qu’il est devenu ?


Le 45 tours a été enregistré à Milan en Italien. Con te sulla spiaggia (Avec toi sur la plage) et L’abito da sposa (L’habit de la mariée) sont des jolies chansons d’amour.

Qui va piano va sano
De 1961 à 1962, Fontaine a eu des Vampires.
Riquet Gaggero en est le chanteur, Séverin Batfroi le guitariste rythmique, Michel Dibilio le batteur mais ce n’est pas son truc. Il laisse sa place à Alain Garcia puis Roger Secco de Grenoble.
(Celui-ci sera plus tard le batteur entre autres de Jean-Claude Champon, Claude François, de Daniel Balavoine et aujourd’hui de Francis Cabrel.)
Robert Pelloux, le guitariste soliste, habitait Seyssinet à quelques mètres de la piscine de Fontaine. Sa famille du côté maternel, les Teyssier, demeurait Place du Néron.
Il est le seul vampire du début à la fin.
Robert a joué ensuite dans les bals du samedi soir avec l’orchestre d’un autre Fontainois Tony Ray.
Les Vampires vont se renforcer des meilleurs musiciens de l’agglomération ce qui en fait le groupe phare de la région.
Les Grenoblois Franco, Gérard Pinardy, à la basse puis le chanteur des Dauphins de Saint-Martin-d’Hères, Antoine Carrillo dit Tony Caryl qui succède à Riquet. C’est sa voix qu’on entend sur les deux 45 tours des Vampires.
Le Grenoblois Gérard Lepoivre dit Christian Delagrange le remplace ensuite.
Au total, il y aura eu 11 créatures dont un 4ème Fontainois : Jean-Claude Champon qui bouclera la boucle en devenant Vampire à son tour…
Le 11 juin 1966 à Tullins, ils font la première partie de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Devant un public de « vieux » déjà hostile au rock and roll, sur une idée de Jean-Claude, ils sont montés sur scène chacun couvert d’un bas de femme sur le visage, leur donnant une figure affreuse sur une chanson de notre ex-Champion « Banzaï ».
Ils n’ont eu aucun applaudissement.


Deux 45 tours sont enregistrés en 1963. Ils sévissent avant les Beatles au palais d’hiver de Lyon en 1965.

Michel Dibilio, le premier batteur des Vampires, est soudeur de 14 à 20 ans chez Pomagalski puis Montaz-Montino.
Le service militaire n’est vraiment pas son truc.
Michel fera 300 jours de prison sur 16 mois d’armée, il est muté à Mutzig comme forte tête.
En tant que « taulard » il balaie la cour.
Un jour il y rencontre la troupe du théâtre des armées. Michel les interpelle :
« Vous ne pouvez pas m’embaucher pour faire vos décors ? »
«  Tu t’y connais, toi en décors de théâtre ? »
« Bien sûr, je suis monteur de profession, si vous me sortez de là, je suis prêt à créer tous les décors que vous voulez. »
De fil en aiguilles, une passion est née. Il n’a plus quitté la scène depuis.
Michel créait la Compagnie de la Falaise à Fontaine. Il y fera chanter Jacques Subervie.
Sa vie est une succession de hasards, c’est le directeur de FR3, Max Humbert qui lui propose d’enregistrer deux 33 tours avec des pointures du jazz dans l’orchestre, Michel peut difficilement refuser.
Michel devient un metteur en scène connu. Il monte de nombreuses pièces de théâtre notamment avec Madeleine Robinson dans « Les bonnes » de Jean Genet.
Sa dernière pièce « Nuit d’harmonie » a été jouée en mai 2006 au ciné théâtre de la Ponatière à Echirolles.


1980 - C’est une équipe de France du jazz qui joue dans ce 33 tours. Un 2ème album sortira en 1982 avec à peu près la même équipe. Mais la vraie passion de Michel reste le théâtre

En mars 1977, pendant les élections municipales, un disque en plastique est distribué en supplément du journal de Fontaine à la population.
En face A, une interview de Daniel Verdier avec Louis Maisonnat maire de l’époque et en face B le Réveil Fontainois, et l’Echo des Balmes.
Le magicien Maurice Saltano se souvient avoir conduit les yeux bandés une voiture décapotable dans les rues de Fontaine avec le Réveil Fontainois en accompagnement. C’était dans les années 50.
Il aura fallu attendre 110 ans après sa création, pour que l’Echo des Balmes grave son premier disque vinyle en 1979.
Le nom du groupe viendrait du fait que les premiers musiciens auraient joué contre la muraille de la falaise du Vercors qui longe notre ville, la résonance leur revenait en écho.
Les Balmes étant le nom ancien des grottes.

En 1986, ils enregistrent une cassette et en 2003, un CD.
Freddy Zucchet a été instituteur et conseiller pédagogique à l’école des Balmes de 1979 à 1982. Les enfants adorent son enseignement. Il est basé sur l’enregistrement d’un 33 tours pendant l’année scolaire 1981-82.
Ce disque « Dédé Tritus » a marqué pas mal de monde. Freddy l’a chanté dans des centres de vacances jusqu’à l’île de Ré.


La photo de la pochette de son 33 tours a été prise dans un terrain vague n’existant plus, avec des gamines de l’école des Balmes.

Le dessin représentant un piano dans le lavabo est l’œuvre d’un enfant Nicolas Lasorsa.
Le pianiste de l’album André Manoukian est aujourd’hui jury de A la recherche de la nouvelle star à la télé.
Freddy Zucchet continue toujours aujourd’hui dans la chanson pour enfants.

En 1975, Lucien Mistral monte un orchestre au nom de son fils Sébastien Mistral qui ne s’est jamais vraiment captivé pour la musique. Mais le nom est resté.
En mai 1981, il enregistre leur seul 45 tours. Aujourd’hui Sébastien Mistral continue avec la chanteuse du groupe Christiane et son mari André Aigueperse, le batteur de l’époque dans des numéros de cabaret.


L’homme à la casquette Jean-Pierre Pilot sera le clavier d’Indochine, et aujourd’hui celui de la chanteuse Zazie.

En 1990, Claude Belmudes alias Dougie a enregistré un 45 tours 2 titres chantant le tramway. Il aime et défend les transport en commun.
Il récidive dans une cassette en 1991 et en CD 1993 avec le groupe de jazz
Little Chorus.
Claude persiste encore aujourd’hui dans la musique en accompagnant les artistes de la région.

Véronique Jozrolland a de qui tenir. Elle est la fille de Maurice Jozrolland dit Jo Rolland, considéré parmi les meilleurs accordéonistes de France.
Véronique a aussi un cœur gros comme ça. Elle fait revivre avec son papa les numéros de clowns musicaux que ce dernier jouait jadis avec Maurice Saltano, puis Marcel Bouvier, dans les nombreux galas pour la cause des enfants malades.
Elle a de multiples talents artistiques dont celui d’écrire, de composer et de chanter.
En 1985 elle est première du concours Aix’Or à Aix-les-Bains avec « Vidéo ».
En 1986, elle remporte le grand prix de la chanson française de Divonne les Bains avec « L’enfant de l’exil. »
Le premier prix consiste en l’édition de mille disques. Les 2 titres lauréats sont sur ce 45 tours.
Les claviers et les arrangements sont de Marc Berthomieux, l’accompagnateur actuel de Patrick Bruel.


C’est peu courant de trouver deux mélodies primées sur le même 45 tours.

L’ensemble d’accordéons de Fontaine a été créé en 1983 par Monique Grimaldi.
Les 25 membres de 10 à 65 ans participent volontiers à des œuvres comme le téléthon.

En 1999, ils enregistrent un CD de 12 titres.
C’est l’association « Envoyez la sauce » qui est à l’origine du groupe Anka composés de 4 jeunes : Chris, Yann, Yohan et Christophe.
Qui peut imaginer que derrière le responsable de la communication se dissimule Chris le chanteur et compositeur du groupe qui va enflammer pendant 10 ans les scènes en France, du festival de Bourges au summum de Grenoble ?
Anka a sorti 4 CD à ce jour.


Rock and groll

En 2000, 9 groupes fontainois, Almalgam, Lachesis, Onyx, Thé Menthe, Hideaway, Nuisance, les Multiprises, Tim, Phenomen’s enregistrent presque tous 2 chansons de leur composition sur un CD grâce à Christian Blanchard et Jean-Claude Carras de la MJC.

Thierry Rocha, Michel Fernandes, Olivier Gardien, Frédéric Sillitti, Fabrice Cugnet, Christian Bauchery, Jean-Louis Delpont, Mickaël Chave et Gérard De Simone forment Les Multiprises.
Ils se définissent comme des déli-rock comiques multi-styles.
Ils aiment arriver déguisés et extravaguer sur scène,
Multiprises enregistrent 1 CD en 1999 « Orange ou citron » Edition 100PEP1 refusant toutes subventions de l’extérieur.
Le 11 mars 2000, ils sont vainqueurs du concours régional de la chanson avec « Western ».
Grégory Lemarchal y participe aussi et ne gagne pas.
Multiprises mettent le feu au festival OFF international d’Edimbourg devant une scène pleine à craquer en 2003.
Les Ecossais les redemandent l’année suivante en vedettes.


Multiprises - Pochette fait maison avec mots fléchés et rébus en page interieur.

Manu Barrero, Mike Caruana deux ex-Nuisances Tib Caron, Frédérick Caron (deux faux frères qui n’ont aucun lieu de parenté entre eux), enregistrent un CD de hard-rock en 2003 sous le nom de Yowl qui veut dire en anglais miaulement en hurlant.
Ils passent au Summum en première partie de Lutin Bleu.
Manu est le seul à être resté dans la musique. Il est ingénieur du son dans un studio d’enregistrement et mixeur pour les concerts tous styles musicaux.
Il se fait plaisir en composant avec son ordinateur la musique électronique pour un futur CD.


Yawl est plus hard-rock que l'Echo des Balmes et le Rèveil fontainois Réunis.

Nos Carmen
Les donut’s sont de petits beignets très appréciés en Espagne surtout par les frères Granados quand ils y vont en vacances.
Comme ces deux Fontainois prénommés Henri et Manu en mangeaient tous les matins, leur famille et leurs amis leur disaient toujours : « Tiens voilà les donut’s. »
Leur autre passion est la musique. Quand ils décident de former un groupe avec un ami Alain Dias, ils prennent inévitablement le nom de Donut’s.
Ils se classent 2ème sur 37 dans un concours organisé à Annecy en 1988, et sortent un 45 tours 2 titres.
Donut’s font quelques scènes dont notamment deux fois le festival de Bourges.
Alain Dias abandonne la chanson.
Les deux frères forment un nouveau groupe avec le prénom et le nom de jeune fille de leur maman Carmen Roca. Ils montent à Paris.


Les frères Granados ont abandonné leur carrière pour l’amour de leurs enfants.

Henri et Manu sont remarqués au caf’conc par le producteur de Gold et Julie Piétri qui croient en eux.
Ils passent 3 mois au studio d’enregistrement pour sortir un 33 tours « Por esa Miséria » chantant la douleur et le déracinement d’émigrés espagnols dans les années 60.
Leur mère est une excellente chanteuse et réalise grâce à eux son rêve d’enfant en enregistrant sa voix sur certaines des chansons.
Le disque a du succès. Il y a un projet pour l’enregistrer en espagnol et d’une tournée en Amérique du Sud.
Mais leur maison de disques veut les formater en Ricky Martin ou en boy’s band qui cartonnent dans les hit-parades. Eux ne se reconnaissent pas du tout dans ces styles.
Un 45 tours est enregistré à Montreux en Suisse produit par David Richard, « une pointure » dans la musique.
Les frères manquent de culot pour forcer les portes du schow-biz, leur vie est 6 mois de musique, 6 mois d’intérim, et ils ont une vie de famille.
Henri a déjà 3 enfants, il décide de rentrer ouvrir une boutique de photos sur toile aux Fontainades. C’est la première de ce genre en France. Il est aujourd’hui installé à Seyssinet.
Manu enregistre seul un maxi 45 tours puis arrête aussi. Il a 2 enfants à nourrir et devient responsable d’insertion.
Leur maison de disque misait sur Carmen Roca et Zebda.
L’année suivante Zebda vend des millions de disques avec « Tomber la chemise » laissant quelques regrets à nos deux frères.
Aujourd’hui, Henri se contente de chanter dans les chœurs de Fontaine.

Savez-vous que nous avons deux Fontainoises qui font une carrière internationale dans l’opéra?
Béatrice Gonzalez (lire le Mémoires n°5) a été reine du corso en 1971 à Fontaine.
Elle a toujours voulu chanter de l’opéra.
Béatrice aime bien aller dans les campagnes à la rencontre de gens qu’elle n’aurait jamais croisés autrement. Une souris est sortie de sa cachette et l’a écoutée sagement pendant toute une soirée dite « Opéra des champs »
Jean Ferrat la repère sur une vidéo, et la fait engager au festival d’Antraigues 2 années de suite.
Après une nuit de concert, elle est réveillée à 7 heures de matin par les Gypsy Kings jouant leur musique à côté de sa chambre d’hôtel.


C’est possible qu’il y ait quelques notes de désaccordées…

Alors qu’elle pensait faire la grasse matinée, elle se retrouve à danser le flamenco et chanter avec eux.
Un autre jour, c’est Robert Charlebois qui frappe à sa porte, et demande avec son accent québécois :
« J’ai grillé mon synthé en le branchant sur du 220 volts. Est-ce que vous n’en avez pas un à me prêter ? »
Ils sont donc encore branchés sur 110 volts au Québec ?...
« Il n’y a aucun souci ! dit le curé de l’Alpe d’Huez à Béatrice, vous pouvez utiliser le piano de l’église pour votre concert ce soir. Seulement faites-le quand même vérifier par votre pianiste. Cela fait des années qu’il n’a pas servi. C’est possible qu’il y ait quelques notes désaccordées.
Le pianiste a pu accorder certaines touches de l’instrument, mais pas toutes, certaines sonnaient « ploc ! ploc ! ».
Impossible de se faire livrer un autre piano à une heure du concert !
Il a dû avec Béatrice se rappeler les notes à ne pas jouer pendant tout le récital.
A la fin, le public a applaudi une œuvre pourtant un peu différente de l’original.
Un soir à Valence, alors qu’elle joue Carmen, le talon de sa chaussure s’est pris dans le parquet, elle a dû chanter longtemps avec son pied emprisonné.
Béatrice a tenu ce rôle de Carmen, pendant des années. Ce qui est, pour une chanteuse d’opéra, le zénith dans une carrière.
Béatrice est formatrice en technique vocale non seulement dans l’opéra mais aussi auprès de chanteurs de groupe rock, reggae, de hip-hop.
Le DJ Money Penny Project lui demande s’il peut sampler sur ses disques ?
Elle lui répond pourquoi ne pas sampler directement tous les deux ? Le DJ est ému par tant de simplicité.
Ils enregistrent un CD. Les gamins qui l’écoutent sont époustouflés par le résultat. L’album est sacré meilleure musique électronique en l’an 2000.
Ce qui lui vaut de passer au summum de Grenoble avec le DJ.
Elle a fait une courte apparition en marâtre, dans le film « Oui mais » avec Gérard Jugnot en 2003
En 2004, Béatrice remporte le prix du public de la chanson italienne à Albertville.
Elle a enregistré une quinzaine de CD dont prochainement un Stabat Mater de Dvorak.

Anne-Marie Panzarella, Anna-Maria Panzarella pour la scène est très reconnaissante à ses parents, jamais ils ne sont opposés aux désirs de leur fille.
Elle veut faire de la danse, elle entre dans l’école de danse de Chantal Terzian à Fontaine.
Elle veut chanter, ses parents l’engagent dans le concours de la chanson française à Pontcharra afin de lui montrer que d’autres chantent mieux qu’elle.
Pour l’occasion, elle met des paroles sur une musique de film érotique composée par François Valéry « Joy ».
Le public acclame Anne-Marie. Elle est proclamée vainqueur ex–aquo, et c’est sa chanson qui passe en boucle sur la radio de Pontcharra.
Un membre du jury lui conseille avec la voix qu’elle a de tenter la voie lyrique.
L’idée lui plait, elle entre au conservatoire de Grenoble.
Le métier de cancatrice demande tellement d’énergie qu’il faut un entourage solide. Son père lui a toujours servi de chauffeur pour des auditions à travers l’Europe. Les frais d’essence ne sont pas remboursés avec parfois le mépris au rendez-vous. Sa mère la réconforte des vexations et des coups durs.
Elle quitte Grenoble pour le conservatoire de Genève plus professionnel puis Londres considéré comme l’un des meilleurs au monde.


Anne-Marie meurt pour la 38ème fois en chantant sur scène dans « Venus et Adonis » de Desmarest en avril 2006 à Nancy

La reine mère est la marraine de ce conservatoire. Elle vient à la rencontre des élèves et c’est uniquement à Anne-Marie qu’elle pose des questions.
Comme elle parle doucement, Anne-Marie ne comprend rien, elle se contente de répondre à chaque fois « yes ».
Après l’entrevue, Anne-Marie demande à ses collègues anglais si elle s’en était bien sortie et quelles étaient les questions…
« De quelle nationalité êtes-vous ? »
« Heu, oui »
« De quel instrument jouez-vous ? »
« Oui »
« De quelle école êtes-vous ? »
« Oui »
La reine mère n’a pas insisté.
A la première représentation de Roméo et Juliette dans le plus prestigieux théâtre de la ville, Anne-Marie perd sa perruque devant le tout Londres, et la honte lui survient.
Le lendemain, les critiques dans les journaux relèvent l’incident, mais malgré cela trouvent Anne-Marie Panzarella excellente dans son rôle.
Un autre jour, elle doit braquer un pistolet sur son partenaire mais elle s’aperçoit que le bout de l’arme manque, fous rires des deux chanteurs.
Sa carrière est lancée.
Elle écume les scènes surtout dans le nord de l’Europe et en Amérique, car elle n’est pas prophète en son pays
Elle se souvient d’avoir joué un opéra français devant deux pelés, trois tondus à Sienne en Italie du nord.
Et encore ! La moitié du public est de la famille du chanteur dont elle partage l’affiche, et l’autre moitié, ses cousins venus de Messine en Sicile. Ils se sont dit après le spectacle :
« Quelle est cette mytho qui fait croire à toute la famille qu’elle est une vedette et qui remplit les salles ? »
Elle fait un bide à Nancy, et avec le même opéra… elle triomphe en Suède.
Après une représentation à Lyon, elle est présentée au Gouverneur des Armées qui lui demande :
« Et à part ça, que faites-vous dans la vie ? »
« Mais c’est mon métier. Je ne fais que ça ! »
« Ah bon ! Votre mari ne dit rien ? Moi, je ne supporterais que ma bonne femme voyage comme ça dans le monde entier. Et les autres chanteurs aussi voyagent aussi avec vous? »
« Non, ce sont des choristes »
« Ah bon ! Mais quelle est la différence entre les chanteurs et les choristes ? »
« La même qu'entre gradés et bidasses, mon Général »
Un jour au festival d’Aix-en-Provence, dans une envolée crescendo, elle avale un moucheron ou apparenté et stoppe net. Le public est inquiet, s’est-elle cassé la voix ?
Elle recrache l’insecte et dit :
« Ce sont les aléas du direct, je reprends »
Anne-Marie Panzarella a sorti 15 CD et 15 DVD et vit aujourd’hui en Suède.
Comment cela ? Votre grande tante ou votre beau-frère de Fontaine ont une carrière internationale et Mémoires n’en souffle mot!
Venez nous engueuler au local 17 rue Jean Bocq de préférence le mardi après-midi, preuve à l’appui. (Frappez à la vitre du rez de chaussée car la sonnette d’entrée ne marche pas.)

Denis Guignier
Muchos gracias à Georges Ronna, Jacques Subervie, Michel Dibilio, Maurice Jozrolland, Manu Barrero, Jean-Luc et Béatrice Gonzalez pour leurs dons en enregistrements.